AGENDA

CyclOpe 2017

 

LES MARCHES MONDIAUX

« Vent d'Est, Vent d'Ouest »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2017

15 mai 2017 - Paris

CyclOpe 2016

 

LES MARCHES MONDIAUX

« A la recherche des sommets perdus »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2016

24 mai 2016 - Paris

CyclOpe 2015

LES MARCHES MONDIAUX

Pour qui sonne le glas ?

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2015

20 mai 2015 - Paris

CyclOpe 2014

LES MARCHES MONDIAUX

Dans le rêve du Pavillon Rouge

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2014

14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er octobre  2013

 

L’année fiscale américaine commence donc par la fermeture d’une bonne partie des administrations fédérales. Aucun compromis n’a pu être trouvé hier soir entre la Maison Blanche et le Congrès : une première depuis 1996 sous Bill Clinton.

Cette fois-ci Barack Obama a beau jeu de dénoncer l’obstruction des Républicains qui contrôlent la Chambre des Représentants et notamment l’attitude de la droite musclée issue du « Tea Party ». Il n’a pas tort mais il en est aussi responsable. Les Etats-Unis sont un pays complexe à gouverner où si le Président propose c’est le Congrès qui dispose. Un bon Président est celui qui sait vendre ses idées au Congrès sachant que les frontières entre républicains et démocrates sont souvent perméables… De notoriété générale, Barack Obama n’a jamais su « gérer » ses relations avec le Congrès et de manière globale son bilan en matière de politique intérieure est d’une grande médiocrité. Il ne doit ses élections (en 2008 et 2012) qu’à la faiblesse de ses adversaires, aux divisions des républicains et à son image de jeune président afro-américain (le « Kennedy noir »).

La médiocrité de son bilan peut être d’ailleurs élargie au domaine international et cela malgré des Secrétaires d’Etat de qualité (H. Clinton, J. Kerry). Sa récente volte face sur la Syrie en est le dernier exemple.

Rarement la politique extérieure américaine aura été aussi velléitaire. Manifestement Barack Obama, malgré son beau sourire, n’est pas « fit for the job » !

 

 

2 Octobre 2013

 

Faut-il travailler le soir, la nuit, le dimanche surtout ? Voila donc le débat gaulois de la semaine provoqué par des décisions contradictoires de juges et de préfets mettant en œuvre des pages différentes de notre volumineux code du travail.

Que la réglementation française en ce domaine – et en bien d’autres d’ailleurs- soit devenue illisible et souvent incohérente est une évidence. Des années et même des décennies de bonnes intentions ont donné le jour à un véritable maquis dans lequel même les spécialistes ne trouvent pas leur chemin. Au moins les polémiques du moment autour de Monoprix, Sephora et autres Castorama auront eu le mérite de mettre le projecteur sur ces dérives.

Ceci étant le débat sur le travail du dimanche appelle quelques réflexions : la première est que contrairement aux idées reçues celui-ci n’est créateur ni d’emplois, ni d’activités supplémentaires. L’effet bénéfique sur le PIB en est un leurre. La deuxième est que la banalisation du repos dominical n’est pas une décision neutre du point de vue sociétal et qu’elle peut même accélérer la déstructuration de cellules familiales déjà bien fragilisées. La liberté totale prônée par certains ne débouchera pas sur plus d’activité mais risque d’avoir sur le moyen terme des conséquences sociales plus négatives qu’on ne le pense. Là aussi le modèle allemand serait à méditer. Mais dans un premier temps un peu de cohérence serait bienvenu sans sombrer pour autant dans la facilité.

 

 

4 Octobre 2013

 

Drame au large de Lampedusa, polémiques en France autour de la question des « Roms », comment ne pas être navré par la manière dont sont traitées en Europe les questions d’immigration et de circulation des individus. L’Europe certes ne peut accueillir « toute la misère du monde » et elle n’a pas à la différence des Etats-Unis de vastes océans pour se protéger (mais les barbelés qui entourent les enclaves de Ceuta et de Mellila valent bien ceux qui longent le Rio Grande).

Longtemps les migrations furent facilitées par le fait qu’il existait des terres vierges (ou presque…) à mettre en valeur. Les bergers pauvres des montagnes basques pouvaient partir comme rêvent de le faire aujourd’hui les pasteurs du Sahel. Mais il n’y a pas de place pour eux dans des pays riches aux équilibres économiques et sociaux de plus en plus précaires.

Au-delà des situations d’urgence (la Syrie aujourd’hui), la vraie solution est celle du financement du développement local. Mais cela n’a guère de sens dans des états qui n’en sont pas, y compris à l’intérieur de l’Europe. Alors il ne reste que nos bons sentiments, notre émotion qui ne dure que l’espace de quelques images à la télévision.

Aucun pays dans le monde n’a su trouver en ce domaine de solution satisfaisante. « J’étais un étranger et tu ne m’as pas accueilli », voila une phrase des Evangiles qui ne cesse de nous poursuivre.

 

 

7 Octobre 2013

 

Janet Yellen va donc être nommée à la tête de la « Fed », la banque centrale américaine. Qu’elle soit une femme est une première symbolique mais Christine Lagarde avait déjà ouvert la voie au FMI. L’important n’est pas là. Elle est avant tout une universitaire ce qui n’est pas nouveau pour les Etats-Unis mais qui tranche dans l’univers des banquiers centraux et tout particulièrement en France.

Aux Etats-Unis en effet le monde académique vit en large symbiose avec la société au sens le plus large : les allers-retours entre des positions académiques et des postes politiques ou dans la haute administration y sont monnaie courante. Des hommes comme Galbraith, Stiglitz et bien sûr Bernanke en sont le vivant exemple. C’est – il est vrai – facilité par le système des « dépouilles » qui veut qu’à chaque alternance un nombre considérable de postes change de titulaire. Les « perdants » reviennent alors souvent vers leur alma mater qui leur offre d’ailleurs des conditions financières sans commune mesure avec leur homologues françaises. En France au contraire on privilégie soit le cursus des hauts fonctionnaires, soit celui des politiques à plein temps. Les universitaires et chercheurs sont cantonnés à des rôles de conseillers officieux nourrissant des programmes électoraux et en général bien vite oubliés une fois passées les élections. Le Conseil d’Analyse Economique crée par Lionel Jospin en est le plus bel exemple. Voila encore un joli sujet sur le thème de l’exception française.

 

 

8 Octobre 2013

 

La fiscalité française ressemble de plus en plus à un bateau ivre : on donne, on enlève, on retaxe de manière provisoire tendant au définitif. La valse-hésitation de ces derniers jours est moins la preuve du flou  et de l’impréparation des équipes de Bercy que du véritable mal français qui est l’empilement de dispositifs souvent contradictoires, résultat de la sédimentation de la pensée fiscale française. En France on ne peut créer un impôt sans immédiatement inventer des exceptions, des allégements et autres crédits d’impôts dont le résultat est de « miter » le dispositif initial, de le rendre peu efficace et financièrement peu rentable. La fiscalité des entreprises en est un bon exemple.

La mesure phare du gouvernement actuel est le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) : en fait de compétitivité, il vise avant tout l’emploi et est orienté en priorité vers les bas salaires. Cela pourrait être une bonne chose en période de fortes tensions sur le chômage mais son caractère non discriminant fait qu’il favorise avant tout quelques grandes entreprises de « main d’œuvre » comme La Poste ou la grande distribution dont l’exposition à la concurrence internationale n’est pas évidente. Adieu donc la compétitivité ! Ce rejeton avorté du rapport Gallois s’inscrit comme une des mesures les moins pertinentes qui pouvaient être prises en période de disette budgétaire. Au-delà d’un effet d’aubaine, son efficacité et son rapport cout/avantage promettent d’être fort limités et cela quand même pour 10 milliards d’euros !

Le problème est qu’il faut le financer. On avait pensé à une taxe nouvelle sur l’excédent brut d’exploitation (EBE) qui devait rapporter 2,5 milliards d’euros. Le dispositif en lui-même est intéressant mais, « bricolé » au dernier moment, il revenait à créer un nouvel impôt aux contours mal définis. Finalement après moultes tractations, on s’est orienté vers l’augmentation « temporaire » de la surtaxe de l’impôt sur les sociétés acquitté par les entreprises réalisant plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires (les grandes certes mais aussi toutes les « grosses moyennes » qui restent une des faiblesses françaises). Ceci bien sûr va avoir pour conséquence d’inciter encore plus aux stratégies d’optimisation fiscale qui sont déjà pratiques courantes dans les entreprises françaises et étrangères en France. La profession de fiscaliste a un bel avenir devant elle d’autant plus qu’elle peut jouer de l’absence de convergence européenne en la matière. En amenant le taux « théorique » de l’IS à un record européen de 38 %, la France ne fait qu’amplifier un peu le phénomène.

Tout ceci tient donc de l’improvisation sous la contrainte. Certes des « Assises de la fiscalité » devraient se tenir avant la fin de l’année. On peut en espérer un peu de cohérence mais osera-t-on aller au bout de la logique du mal fiscal français : utiliser en effet l’impôt comme outil d’orientation économique ou social est une erreur. De la même manière que les niches fiscales de l’impôt sur le revenu n’ont en général qu’une efficacité limitée et sont un facteur d’augmentation des inégalités, l’impôt que doivent légitimement acquitter les entreprises devrait être à la fois clair, simple, équitable et surtout non dérogatoire. Nous n’en prenons pas le chemin et chaque jour la France s’éloigne un peu plus de l’idéal affiché de la justice fiscale.

 

 

11 Octobre 2013

 

Le Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris a été pour quelques heures le cœur du monde céréalier européen avec la tenue de la Bourse Européenne des Céréales qui réunissait près de 3000 professionnels des marchés d’une Europe allant de la Mer Noire à la Méditerranée.
Qui eut imaginé pareille réunion il y a seulement une dizaine d’années. L’Europe était alors isolée du reste du monde céréalier par les règlements de la Politique Agricole Commune : le prix du blé était le résultat d’un arbitrage politique et budgétaire. Tout a changé en 2006 et la modification des règles du jeu céréalier par la Commission a été d’autant plus radicale qu’elle est passée inaperçue. L’instabilité des prix est devenu la règle et avec elle le temps des marchés et de tous leurs acteurs. Au même moment l’Europe prenait une autre dimension avec l’irruption des céréales de la Mer Noire. Le « fon Odessa » faisait à nouveau référence à côté du « fob Rouen ». Dans les couloirs à Paris aujourd’hui il y avait nombre de russes et d’ukrainiens côtoyant tout le négoce européen. Pour tous cependant l’interrogation en cet automne 2013 est chinoise. Pour la première fois la Chine est devenue le facteur clef des marchés des grains, du soja certes mais aussi du maïs et surtout du blé dont elle devrait être cette année le premier importateur mondial devant l’Egypte.

Vraiment qui l’eut imaginé !

 

 

12 Octobre 2013

 

Débat à Toulouse au Forum organisé par le journal Libération sur les gaz de schiste au lendemain de la décision du Conseil Constitutionnel de valider la loi de Juillet 2011 qui interdit toute exploration utilisant la fracture hydraulique. Devant un public tout acquis à sa cause, José Bové exulte et nous partageons au moins une conclusion : les gaz de schiste en France sont « verrouillés » pour les quatre années à venir et aucun politique – de gauche comme de droite – ne cherchera à réveiller un dossier aussi épineux. Exit donc les gaz de schiste  comme hier les OGM. Défendre d’ailleurs les gaz de schiste devant un public pour l’essentiel de militants n’était pas chose facile même si le débat avec José Bové a été d’une grande courtoisie. Ce n’était pas notre première joute et nous avons appris à nous connaître et à nous estimer d’autant qu’il fait un excellent travail de député européen dans le sillage de Daniel Cohn Bendit.

Au-delà, quel gâchis ! Certes les gaz de schiste ne seront pas le miracle énergétique que rêvent certains. Dans les conditions françaises – géologiques comme politiques – leur exploitation n’aurait eu en tout état de cause qu’un impact marginal sur l’économie et l’emploi. Mais quel signe d’obscurantisme pour une France qui rêve de hautes technologies mais qui refuse quelque risque que ce soit. Triste …

 

 

14 Octobre

Bretagne / Agro-alimentaire

 

Longtemps la Bretagne a fait figure de modèle pour l’agriculture et l’agro-alimentaire français. Comment une région pauvre, sans avantages naturels, avait-elle pu se transformer pour devenir en quelques décennies le pôle dynamique d’une France partie à la conquête des marchés agricoles mondiaux ? On a en mémoire l’épopée de ces jeunes dirigeants agricoles, issus pour la plupart du vivier de la JAC, qui, à l’image d’Alexis Gourvennec, prenaient d’assaut les préfectures avant que de développer des structures économiques qui mirent les produits bretons sur le marché national puis européen.

Un demi-siècle plus tard le modèle est à bout de souffle. La production, par essence intensive, souffre de trop nombreuses contraintes environnementales. Orientée sur des produits de masse, elle a pris de plein fouet la concurrence des pays émergents de l’agro-alimentaire, de la Thaïlande au Brésil. Quel avantage comparatif  y-a-t’il encore à produire du poulet congelé – à partir de soja importé – et à vendre sur les marchés du Moyen Orient ? Pour d’autres produits animaux c’est la concurrence de l’Europe du Nord et de coûts de main d’œuvre plus favorables. Et puis le monde agro-alimentaire breton, à la notable exception du lait, est resté trop éclaté sans qu’émergent de véritables leaders européens voire mondiaux, qu’ils soient privés ou coopératifs.

La Bretagne souffre de son miracle oublié. Il reste à rebondir après la gueule de bois.

 

 

15 Octobre

Faim

 

Encore une journée mondiale de l’alimentation : une journée pour nous rappeler qu’il y avait en 2012 – d’après la FAO – 842 millions de personnes  souffrant de la « faim » : 295 millions en Asie du Sud et de l’Est, 223 millions en Afrique subsaharienne. Le terme de faim doit être manié avec précaution et il vaut mieux parler de pauvreté alimentaire. La faim c’est le manque absolu de nourriture du fait des intempéries climatiques mais surtout de la folie des hommes et de leurs guerres. La pauvreté alimentaire est plus pernicieuse car elle se traduit par des carences et des déséquilibres. On mange peu et mal. On la trouve dans de très nombreux pays, le nôtre bien sûr, mais surtout des pays émergents comme l’Inde et la Chine : c’est la  malnutrition qui se paie en espérances de vie bien courtes.

Si la pauvreté est plus une affaire économique qu’agricole, il y a une région du monde qui cumule ces deux défis : c’est bien sûr l’Afrique Subsaharienne qui concentre l’essentiel du croit démographique du XXIe siècle. Si la croissance économique africaine se confirme, la montée des besoins alimentaires ne sera que plus forte et le défi agricole plus difficile à surmonter. C’est cette urgence africaine qu’il faut retenir en ce jour qui devrait être aussi consacré à notre propre tempérance alimentaire.

 

 

16 Octobre

Religion / Sport

 

Une photo à la une de l’Equipe : un footballeur de l’équipe de France de football (les « Bleus ») qui exerce ses talents au Royaume Uni : un « gunner » d’Arsenal, Olivier Giroud dont le talent commence à être reconnu. Sur son bras, un tatouage comme cela est de plus en plus le cas chez les jeunes, sportifs ou non. Mais là surprise : un texte en latin, en belle écriture gothique : « Dominus Regit me et Nihil Mihi Deerit » ce qui donne à peu près « Seigneur protège moi et rien ne me manquera ». Nombre de sportifs se signent avant une course ou un match mais ce tatouage interpelle au-delà même des milieux chrétiens. Je ne connais pas Olivier Giroud mais comment ne pas être saisi par ce témoignage de foi et d’humilité dans un milieu – le football – en général marqué par la vanité et l’argent facile.

Dans le même numéro de l’Equipe, une histoire beaucoup moins édifiante : celle d’un joueur de tennis tunisien que sa fédération a interdit de jouer dans un tournoi de seconde zone quelque part en Asie Centrale contre un israélien qui est par ailleurs son partenaire dans un club de tennis de la banlieue parisienne. Jusqu’où l’obscurantisme religieux  ne va-t-il pas se nicher ! D’un côté  un message de confiance et on l’espère de tolérance ; de l’autre l’incompréhension et la peur de l’autre au sein pourtant de religions du Livre qui devraient savoir ce qu’est l’amour du prochain.

 

 

17 Octobre

Art

 

Colloque à Paris, à l’Assemblée Nationale sur le marché de l’art. Longtemps la France en fut le centre, notamment durant le « siècle d’or » de la période 1850-1950 : Paris était alors au cœur de la création artistique attirant à la fois français et étrangers, à l’image de Picasso ou de Dali. C’est à Paris que se tenaient les plus importantes ventes aux enchères, que l’on trouvait les plus célèbres marchands et galeristes.

Aujourd’hui, à tous les niveaux, la France n’est plus qu’en seconde zone. Au palmarès des artistes contemporains réalisé par Artprice  pour 2012/13, le premier artiste français (Combas) n’est que quatre vingt deuxième. Les ventes aux enchères sont dominées par un duopole anglo-saxon – y compris à Paris. Les grands évènements sont les foires de Maastricht ou de Bâle, bien plus que la Biennale parisienne ou la FIAC. Au total le secteur (antiquaires, galeries, enchères) pèse quand même 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et probablement un peu plus de 10 000 emplois directs.

A l’Assemblée on a parlé de taux de TVA et de l’épouvantail de l’ISF (qui exonère de manière  profondément illogique les œuvres d’art). Mais l’essentiel n’est pas là. Plutôt que de se regrouper en un véritable « cluster », le monde de l’art reste profondément balkanisé et continue à tout attendre de la puissance publique. Sur un marché désormais mondialisé, la France n’occupe plus qu’un strapontin et se contente d’exploiter son gisement historique sans l’entretenir. Dommage et inquiétant …

 

 

20 Octobre

Leonarda immigration

 

L’affaire « Leonarda » connait un développement étonnant et est utilisée par une grande partie de la classe politique pour illustrer la faiblesse de l’exécutif et surtout les limites de l’art du compromis du président de la République.

Pourtant il n’y a rien malheureusement que de très banal dans l’expulsion de cette famille de kosovars d’origine « rom ». Certes la jeune Leonarda a été appréhendée dans un car scolaire mais ne s’agissait-il pas de réunir la famille avant l’expulsion: le caractère violent du père, l’absentéisme scolaire de la jeune fille ne plaidaient guère pour leur bonne intégration en France. A-t-on ou non violé ce sanctuaire que doit-être l’école ? On peut trouver qu’une fois encore les « bien-pensants »idéalisent l’école quand cela les arrange.

Quoiqu’il en soit l’expulsion de Leonarda a soulevé un tollé notamment chez les jeunes lycéens dont on veut espérer que la spontanéité n’a pas été manipulée. Mis au pilori Manuel Valls rentre d’urgence des Antilles et pour mettre fin au procès fait au ministre de l’Intérieur, François Hollande intervient lui-même, tout en demi mesures comme à son habitude : Leonarda peut rentrer mais … pas sa famille ! La proposition est absurde et va à l’encontre de toute logique familiale et même pratique sauf à mettre cette jeune fille au pensionnat de la Légion d’Honneur ! Heureusement les vacances de la Toussaint vont permettre d’oublier la malheureuse Leonarda et sa famille !

 

 

21 Octobre

Football / Sport

 

Dans le rapport Cyclope nous traitons de tous les marchés mondiaux de « commodités », bien au-delà donc des matières premières stricto sensu, mais à la fois des biens manufacturés (de l’acier aux semi-conducteurs) et des produits financiers. Nous traitons aussi du marché de l’art (dont le poids mondial est de l’ordre de $ 40 milliards) et depuis longtemps nous songions au marché du sport. Lorsqu’un joueur de football « s’achète » plus de $ 100 millions, nous sommes bien dans le domaine de la finance et d’ailleurs on retrouve les mêmes acteurs aux sommets de l’art, du sport et des matières premières : oligarques russes, princes arabes, nouveaux riches en tout genre…

Voila qu’aux Etats Unis où le «marché » du sport est une fort ancienne réalité, un pas nouveau est franchi : une société californienne se propose d’introduire en bourse un million d’actions à $ 10 représentant 20 % d’un joueur de football américain, « running back » des Texans de Houston, Arian Foster. Les investisseurs se partageront une partie de ses revenus alors que lui-même réalise une sorte d’arbitrage pour ses vieux jours. En Europe une partie du football portugais fonctionne déjà de manière informelle avec des investisseurs.

Comme pour l’art, le sport, passé un certain nombre de zéros, devient donc un produit financier comme un autre. Mais n’est ce pas le « rêve » olympique qui est une vaste hypocrisie !

 

 

22 Octobre

 

Chaque année, Les Echos me font la gentillesse de m’inclure dans la liste des « personnalités » dont c’est aujourd’hui l’anniversaire (et oui, j’ai 62 ans …) il y a bien sûr dans ce rendez-vous annuel un certain narcissisme mais aussi le plaisir de retrouver presque des amis : ainsi pour ce 22 Octobre de notre doyenne Doris Lessing, prix Nobel qui a 94 ans et de notre doyen, un peu oublié en France, René de Obaldia (95 ans). Soyons honnêtes la plupart des messages amicaux reçus aujourd’hui mentionnaient notre véritable vedette, Catherine Deneuve qui vient d’atteindre les 70 ans. Dans la catégorie des artistes il y a aussi le chorégraphe Philippe Decouffé (52 ans) et l’écrivain Katherine Pancol (59 ans) qui doit être en tête de notre classement en termes de ventes de livre. Comme Les Echos est un journal économique il faut bien quelques patrons, celui de Messier Dowty, un sous traitant de l’aéronautique, celui de Léon de Bruxelles et puis la présidente du chasseur de têtes Leaders Trust International. Remarquons d’ailleurs un effort de parité plus marqué cette année : cinq femmes sur onze « nominés » ! Enfin donc deux économistes dont le benjamin, mon collègue Philippe Askenazy qui à 42 ans me donne l’image d’être un vieux barbon.

Un bel anniversaire en tout cas pour tous !

 

 

23 Octobre

Agriculture / Ecotaxe

 

Comment inventer un nouvel impôt et fabriquer une usine à gaz au point de mettre une bonne partie de la France dans la rue : réponse : jouez l’écotaxe, dernier sujet de polémiques d’une France qui décidemment n’en manque pas.

Au départ l’idée peut ne pas être mauvaise : l’essentiel des marchandises en France est transporté par camion, la part du rail et des canaux n’ayant cessé de diminuer ces dernières années. Comment inciter les filières à utiliser moins de transports routiers : en mettant en place une taxe dont le produit sera utilisée pour des chantiers environnementaux. Comment la percevoir ? Là cela se corse : les entreprises doivent se doter de logiciels et des portiques de contrôle sont installés sur des axes et des routes nationales. On peut difficilement imaginer un dispositif plus complexe … et contournable par les petites routes !

Le problème est que personne n’avait pris en compte les cas où le transport routier n’a pas d’alternative, dans l’agriculture notamment. Un éleveur reçoit ses aliments et expédie ses bêtes à l’abattoir par la route. Une sucrerie reçoit ses betteraves par la route aussi : une entreprise sucrière comme Téréos qui traite 16 millions de tonnes de betteraves aurait ainsi une facture d’écotaxe de 3 millions d’euros.

Voila comment une bonne idée se transforme en charge nouvelle pour le monde agricole et alimentaire dans un contexte de concurrence européenne accrue. Est-ce bien raisonnable ? 

 

 

25 Octobre

Rifkin / Nord Pas de Calais

 

La mode est aux gourous. Le Nord Pas de Calais vient de trouver le sien en la personne de Jérémy Rifkin, économiste et publiciste américain qui s’est fait le chantre de ce qu’il appelle la « troisième révolution industrielle », avec d’ailleurs un manque total de culture historique. Pour la plupart des historiens, la troisième révolution industrielle est déjà en cours depuis une trentaine d’années : ce furent d’abord les technologies de l’information puis les bios et autres nanotechnologies (le tout regroupé sous l’acronyme NBIC). Pour Rifkin, il s’agirait du mariage de l’internet et de l’énergie décarbonée. Il a donc vendu – relativement cher – aux élus et décideurs de la région un plan visant à en faire un modèle en matières d’énergies renouvelables. Ce n’est pas très original et comme d’habitude en France, cela risque de reposer pour l’essentiel sur des dépenses publiques.

Mais l’essentiel n’est pas là. Car ce qui est fascinant c’est l’enthousiasme qu’a pu susciter Rifkin qui a joué un rôle de véritable catalyseur des énergies locales. Là où un universitaire français aurait à peine été écouté, Rifkin a suscité tant la réflexion qu’un début d’action au-delà des clivages politiques. Et c’est au fond là ce qui est important : être capable de mettre ensemble les hommes et les entreprises en un véritable « cluster » permettant justement de multiplier les énergies. Que les idées de Rifkin soient quelque peu éculées est au fond secondaire. Il suffit qu’il soit une étincelle.

 

 

28 Octobre

Impôts

 

Y a-t-il un pilote dans l’avion français, un médecin dans notre hôpital de compagne fiscal ? C’est en tout cas la confusion la plus totale qui règne au moment où la Loi de Finances est en discussion au Parlement : après la fiscalité des entreprises, l’écotaxe, voila la fiscalité de l’épargne. A chaque fois le scénario est le même : le gouvernement lance l’idée d’une nouvelle mesure fiscale puisqu’il faut bien faire rentrer de l’argent dans la mesure où le rendement de l’impôt baisse par ces temps de disette. L’idée en réalité vient des cabinets ministériels dont l’amateurisme – notamment à Bercy – apparaît de plus en plus inquiétant. Rapidement on prend conscience des limites du nouveau dispositif : de bonne ou de mauvaise foi, les avantages acquis réagissent ! Alors soit on retire le projet (EBE, fiscalité des PEA et PEL) soit on l’amende, on le mite jusqu’à le rendre à peu près incompréhensible. On voudrait fâcher un peu plus les français avec l’impôt que l’on ne procéderait pas autrement. A ce jour il reste à ce malheureux gouvernement à trouver une porte de sortie élégante pour l’écotaxe bretonne et pour les joueurs de football. Nul doute qu’il y parviendra …

 

 

29 Octobre

Bretagne

 

En 1675, à l’époque où Louis XIV conseillé par Colbert cherchait à organiser le Royaume et à en unifier les particularismes politiques et fiscaux, la Bretagne se révolta contre « le papier timbré » mais en réalité dans un ultime sursaut de son autonomie perdue. Une publication des révoltés bretons « La Ronde du Papier Timbré » tournait en dérision – déjà – « la fiscalité venue de Paris » (l’expression est du grand historien Robert Mandrou). Les révoltés portaient des bonnets rouges. La répression par des troupes envoyées de la frontière allemande fut impitoyable et Madame de Sevigné se fit l’écho des horreurs faites aux bretons.

Et voila qu’hier les manifestants venus détruire les portiques installés pour mesurer l’écotaxe arboraient à leur tour des bonnets rouges (fabriqués par une entreprises bretonne, Armor Lux…) Symboliquement ils s’attaquaient à l’image même de la fiscalité parisienne, à ces octrois installés au droit des routes bretonnes.

En 1675, il y avait eu d’autres émeutes, à Bordeaux et Pau notamment, mais c’est la révolte bretonne qui avait le plus marqué les esprits. En 2013, la Bretagne redevient le porte parole d’une France rurale un peu oubliée, fière de son identité mais confrontée à des logiques politiques et économiques qui la dépassent. Cette fois il faut écouter les bonnets rouges.

 

 

30 Octobre

Algérie

 

Il est toujours difficile d’expliquer que le fait pour un pays de détenir des ressources naturelles est moins une chance qu’un véritable défi de bonne gouvernance. La malédiction des matières premières est malheureusement une triste réalité et celle de l’énergie (pétrole et gaz) est probablement la pire. Sans aller jusqu’aux cas extrêmes de la Lybie ou de l’Irak, il suffit d’évoquer la situation de l’Algérie.

L’Algérie vient en effet de présenter son budget pour 2014. Celui-ci est en déficit à hauteur de 18 % du PIB : les dépenses publiques représenteraient ainsi 183 % des recettes. Celles-ci sont pourtant importantes avec les prix du pétrole : 37.5 milliards d’euros. Mais cela n’est pas suffisant. Le budget algérien ne s’équilibrerait qu’avec un baril de pétrole à $ 190 ! Un tel niveau de prix n’est pas impossible mais il faudrait pour cela au moins une révolution en Arabie Saoudite.

Les hydrocarbures ont tué l’économie algérienne qui est devenue une économie de rente : subventions à la consommation alimentaire, à la construction de logements, embauche de dizaines de milliers de fonctionnaires. L’économie formelle n’existe presque plus et le pays importe l’essentiel de ce qu’il consomme (6 millions de tonnes de blé par exemple). Pour l’instant l’Algérie peut encore puiser dans son fonds de réserve ce qui permettra de passer l’échéance des prochaines élections avec l’inconnue de l’état de santé du Président Bouteflika. Mais ensuite, mon dieu que le réveil sera dur !