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14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

3 Août 2013

 

Le mois d’Août s’ouvre – sous un grand soleil – dans l’euphorie la plus totale des marchés financiers.

New York est au plus haut, Paris au dessus de 4000 et tout le monde joue déjà la fin de la récession. Est-ce bien raisonnable ?

Aux Etats-Unis, certes, l’affaire semble bien partie et l’économie roule sur un rythme de 2 à 2,5%, ce qui est au fond un peu décevant si l’on tient compte de l’impact de la révolution énergétique en cours. Mais c’est surtout en Europe que l’euphorie surprend : quelques indicateurs revenus en zone positive suffiraient à sonner l’heure de la fin de la récession dès le second semestre 2013. Bien sur la BCE joue le jeu et Mario Draghi a rassuré les marchés. Malgré leurs crises politiques à répétition, l’Italie et l’Espagne suivent leur plan de route et le Portugal à lui tout seul ne peut déclencher une crise majeure.

Mais le moteur allemand continue à manquer de vigueur et puis surtout tout optimisme européen ne peut que s’arrêter aux frontières de la France, le véritable malade européen dont le gouvernement ne sait soigner la langueur qu’à coups de saignées fiscales et de cataplasmes à l’efficacité douteuse. Croissance zéro, hausse du chômage au delà des manipulations des emplois aidés, absence même de cohérence des politiques publiques et même de projets tant à gauche qu’à droite.

Espérons que cette euphorie estivale entretenue par les marchés ne se transforme pas en sanglots à l’automne !

 

 

12 Aout 2013

 

Certains objets ont la particularité d’acquérir pour une période plus ou moins longue un statut de référence à la fois technologique mais aussi social. Il en fut ainsi à la fin du XXe siècle du « Blackberry ». A l’époque - il y a donc bien longtemps, les téléphones portables ne servaient … qu’à téléphoner. Une firme canadienne, RIM, inventa alors le Blackberry, un téléphone qui permettait de recevoir et d’envoyer des mails et de gérer sa messagerie électronique. Le succès fut immédiat et le Blackberry devint même un symbole de prestige et de modernité dans les entreprises auxquelles il était destiné en priorité. On pouvait aussi consulter sa messagerie pendant une réunion de manière plus ou moins discrète. Pour certains le « Black » devint presque une drogue et on parla même de « Crackberry » !

Mais voilà RIM installé sur une niche professionnelle ne sut pas anticiper le développement du marché grand public des « smartphones » ni surtout l’irruption d’Apple avec son iPhone. Le Blackberry se trouva peu à peu marginalisé, paradoxalement un peu dans la même situation que le Macintosh d’Apple face au rouleau compresseur des PC. Le passage aux écrans tactiles n’a rien arrangé et voilà BlackBerry en perdition prêt à se vendre au plus offrant. Mais les derniers « Blacks » sont peut être des collectors !

 

 

14 Aout 2013

 

Comme on aimerait bien les croire ces chiffres publiés par l’INSEE et faisant état d’une croissance de 0,5% du PIB français au deuxième trimstre 2013 : les croire certes mais il faut aller un peu plus loin. Paradoxalement le principal soutien à la croissance est venu de la consommation des ménages alors même qu’en Juin leur moral était au plus bas. Ce n’est pas la première fois que les français nous surprennent ainsi. Mais là c’est fort d’autant que malgré le retour de la croissance l’économie française a continué de détruire des emplois (27 800 sur le trimestre). Il sera intéressant d’analyser les résultats de la consommation pendant l’été mais les soldes de juillet semblent avoir été correctes. En revanche, il faut remarquer que près de la moitié de la croissance provient de la reconstitution des stocks (0,2%) dont on sait qu’elle est fort difficile à apprécier sur une base trimestrielle.

Ces chiffres sont donc à manier avec précaution et le gouvernement qui ne s’y est pas trompé n’a pas donné dans le triomphalisme. L’enlisement français est en effet manifeste. A coup de mesures sociales et d’emplois aidés peut-être le chômage sera-t-il stabilisé en fin d’année mais malheureusement on voit mal la consommation des ménages rester le seul moteur d’une France dont les entreprises doutent et dont les réformes nécessaires tardent.

 

 

15 Aout 2013

 

En Egypte, les coptes doivent gêter aujourd’hui la « dormition » de la Vierge (pour les chrétientés occidentales c’est l’Assomption). Mais ils n’ont guère de quoi se réjouir tant la situation dans le pays ne cesse de s’aggraver sans qu’aucune issue paraisse raisonnable.

C’est en fait une partition à trois instruments qui devient malheureusement classique dans nombre de pays de la région : une armée au pouvoir, une société civile laïque inorganisée et velléitaire, des mouvements islamiques dont la principale force est la cohérence de leur projet de prise de pouvoir et d’installation d’un nouveau modèle de société religieuse. En Egypte - comme en Turquie d’ailleurs – les islamistes sont arrivés au pouvoir démocratiquement en profitant des divisions des partis laïcs et aussi de leur compromission avec l’ancien régime. Moins habiles qu’en Turquie, les islamistes ont cherché à passer en force et se sont heurtés à l’armée dont l’intervention  été largement soutenue par la société civile et dans un premier temps par la communauté internationale. Manifestement l’armée n’a pas trouvé de relais suffisants pour légitimer ce qui est devenu une répression de plus en plus musclée et le blocage est aujourd’hui total. Les occidentaux se retirent et l’armée est maintenant soutenue par les monarchies du Golfe et par la Russie qui craignent une contagion islamique. L’impasse est totale.

 

 

16 Aout 2013

 

Deba est une petite bourgade sur la cote d’Euskadi entre Saint Sébastien et Bilbao. A l’occasion des fêtes de la San Roque s’y tenait une novillada, une course de toros au cours de laquelle de jeunes Toreros - qui n’ont pas encore pris leur alternative - affrontent des taureaux jeunes eux aussi (4 ans)

L’arène est installée sur la place du village, la présidence occupant les balcons de la mairie. Ce n’est bien sur pas un grand spectacle tauromachique : les toros sont presque des enfants - 16 à 18 ans - et manquent encore de force au moment de la mise à mort qui peut être longue et pénible. La pose des banderilles est pour le moins aléatoire mais il y eut quand même quelques jolies passes prometteuses.

Mais l’essentiel n’était pas là : ce qui se jouait c’était l’éternel affrontement entre l’homme et l’animal et, contrairement à ce que pensent les intégristes anti-corrida, le respect pour l’animal « bravé » lorsque toute l’arène se lève pour lui rendre hommage.

A Deba ce soir, au cœur d’un fief indépendantiste, un peuple entier communiait à un rite plongeant ses racines au plus profond de sa culture. Et à la fin de la corrida, les enfants envahirent l’arène pour profiter de la fête.

 

 

17 Aout 2013

 

Jeanne vient de naître. Elle est notre sixième petit enfant et elle porte le prénom de ma mère, son arrière grand-mère, née un siècle plus tôt en Juin 1913 et décédée il y a dix ans. Un siècle donc sépare ces quatre générations. Jeanne Bac (ma mère) était née à la toute fin de la Belle Epoque, dans un XIXe siècle finissant qui allait se briser dans le fracas de la Grande Guerre. Jeanne Malphettes-Chalmin nait dans un monde qui reste traversé de violentes convulsions, aujourd’hui en Egypte, et qui peine à organiser cette mondialisation accélérée qu’il connaît depuis quelques décennies. Jeanne nait aussi dans un monde qui n’en finit pas de panser ses plaies de la crise de 2008 et dans u pays - La France - qui a bien du mal à faire évoluer un modèle marqué par la place démesurée des dépenses publiques. Mais Jeanne est née dans la maternité flambant neuve de l’hôpital de Bayonne, bel exemple de l’un des meilleurs systèmes de santé au monde !

Enfin Jeanne se souviendra peut-être que quelques minutes après sa naissance, à Moscou, Usain Bolt a remporté une nouvelle fois le 200m des mondiaux d’athlétisme !

 

 

19 Aout 2013

 

La France en 2025 ! Voilà un joli sujet de devoir de vacances mais pour une rentrée gouvernementale, on pouvait imaginer un certain primat pour des réflexions et surtout des décisions à plus court terme. Demander des rapports est une habitude bien ancrée dans la tradition politique française. Mais en général leurs conclusions sont peu ou pas mises en œuvre : sous la présidence Sarkozy, la commission Attali en fut le plus bel exemple.

Ressusciter en quelque sorte le commissariat au Plan est en soi une bonne idée : il n’est pas question bien sûr d’en revenir à la planification ni même à l’état néo-industriel pompidolien mais le « Plan » fut dans sa deuxième existence un lien unique de réflexions prospectives partagées par de multiples acteurs de la société. En ce sens, lui donner ainsi une nouvelle dynamique ne peut qu’être salué.

Mais malheureusement les préoccupations françaises visent de bien plus courtes échéances. L’incapacité de maitriser les dépenses publiques est patente et en fait ce sont elles qui, en grande partie ont soutenu la croissance u deuxième trimestre. Ceci a un prix : la nécessité d’augmenter les recettes et donc les prélèvements en pesant un peu plus sur le pouvoir d’achat. Ce sont des réponses concrètes pour sortir de ce fatal enchainement qu’attendent les français.

Alors 2025 ?

 

 

21 Aout 2013

 

Marseille en état de choc à la suite d’un nouvel assassinat ; des cités et des banlieues où le moindre incident prends des proportions dramatiques ; des populations marginalisées se réfugiant pour beaucoup dans l’islamiste et vivant dans l’assistance la plus totale ; des jeunes peu ou pas scolarisés sans aucune perspective au delà de quelques trafics : rarement la fracture sociale aura été aussi grande en France. Ce qui avait été un thème de campagne est devenu une cruelle réalité. Plus de dix ans ont été gâchés par des politiques sécuritaires inefficaces incapables de traiter au fond les problèmes : ceux de toute un population, française de souche ou immigrée de première ou de deuxième génération de plus en plus coupée du reste de la société, sans autres perspectives que le chômage et les aides sociales ; une population se reconnaissant aussi dans d’autres valeurs que celle d’une France certes laïque mais en fait demeurée judéo-chrétienne et adoptant même un islam radical qui semble au moins lui offrir une porte de sortie.

La fabrique sociale française ne fonctionne plus et ce n’est pas seulement le résultat de la morosité économique. Dans les cités il n’y a plus guère d’espérance et réprimer un peu plus n’a de sens que si le reste du corps social est capable de retrouver la capacité à intégrer qui fut la sienne.

 

 

23 Aout 2013

 

Le procès de Bo Xilai vient de s’ouvrir en Chine. Ce « prince rouge », dont l’itinéraire rappelle celui de l’actuel président chinois, a été longtemps considéré comme une étoile montant de la nomenklatura chinoise et il aurait normalement pu rejoindre le « Comité des sages » qui gouverne la Chine à lo’ccasion du 18e congrès du PCC à l’automne 2012. Il ne manquait pas d’appuis à Pékin et il avait fait de sa ville de Chongking un véritable étélage de pratiques communistes « modernes » quelque peu « relookées » à la sauce maoiste.

L’assassinat par la femme de Bo Xilai d’un consultant britannique a précipité la chute de cet ambitieux. L’affaire a viré même au mélodrame politique lorsque le chef de la police de CHongking s’est réfugié dans un consulat des Etets-Unis d’une ville voisine. La femme de Bo a été condamnée pour assassinat. Dans le cas de Bo les autorités ont préféré des accusations de corruption. Mais celles-ci éclairent d’une lumière cruelle des pratiques courantes dans les milieux dirigeants chinois.

Et puis surtout, Bo Xilai n’a manifestement pas accepté son rôle de bouc émissaire. N’ayant rien à perdre, il est revenu sur ses aveux et conteste point par point les accusations dont il est l’objet. Curieux épilogue de ce mélodrame chinois que le monde entier a presque suivi en directe. Une première.

 

 

26 Aout 2013

 

Faut-il intervenir en Syrie ? La question hante les chance les chancelleries occidentales depuis qu’il s’est confirmé que le régime de Damas a utilisé des armes chimiques à l’encontre des rebelles. De manière totalement hypocrite, on distinguerait ainsi une guerre « civile » propre avec des armes conventionnelles, d’un conflit insoutenable dès lors que des armes chimiques seraient utilisées. Le président Obama en particulier en fait un « casus belli » d’ingérence humanitaire.

En réalité la situation n’a pas changé et la même question se pose depuis des mois. Le régime d’Assad est une dictature odieuse mais c’était déjà le cas du temps de son père. L’opposition est éparpillée mais surtout écartelée entre laïcs et religieux sans oublier les kurdes qui jouent leur propre carte transfrontalière. Alors que Kadafi avait été lâché par tout ses alliés, Assad, Alaouite, est toujours soutenu par les chiites de l’Iran au Hezbollah libanais.

Une intervention occidentale, avec ou sans armes chimiques, serait légitime mais pour quoi faire ? Les expériences libyennes et même tunisiennes montrent bien que le retour à la démocratie ne s’impose pas et que les plus disposés à prendre le pouvoir demeurent les islamiste. Voilà un réalisme bien cruel pour tous ceux qui meurent sous les bombes à Damas !

 

 

28 Aout 2013

 

« Une réforme, sire ? »

« Non point, rien ne doit bouleverser l’ordre des choses. Quelques ajustements, un peu de prélèvements et la providence pourvoira au reste ! »

La réforme des retraites promise comme la première réforme structurelle du quinquennat accouche donc de quelques souris destinées à combler les trous les plus béants sans pour autant toucher aux sujets qui fâchent : on ne touche pas - du moins symboliquement - à l’âge de départ en retraite même si on rallonge la durée des cotisations ; pas un mot sur les régimes spéciaux ni sur les fonctionnaires ; en fait un habile saupoudrage qui - comme la réforme Fillon - remet au lendemain le plus difficile.

Curieusement, les réactions syndicales et politiques ont été fort mesurées comme si le consensus français pour ne rien changer pesait comme une chape de plomb sur le corps social. Au fond, tout le monde semble se satisfaire de ces demi-mesures, félicitant même le gouvernement de son habileté tactique. Il y aura un soir, il y aura un matin. Il y aura de nouveaux rapports, de nouvelles commissions. Le dossier des retraites devra à nouveau être repris et la durée des cotisations augmentera inexorablement, l’augmentation de l’espérance de vie rendant chaque jour un peu plus ridicule le seuil psychologique des 60 ans.

 

 

29 Aout 2013

 

Les pays émergents avaient fasciné. Voilà maintenant qu’ils inquiètent les marchés trop heureux de bruler ainsi ce qu’ils avaient adoré. Simultanément les devises brésilienne, indienne, turque, russe et quelques autres se sont trouvées attaquée à la suite de retraits massifs de capitaux flottants. Dans des circonstances un peu identiques, 3 juillet 1997 le baht thaïlandais avait due dévaluer déclenchant ce que l’on appela la crise asiatique.

Pourrait-il en être de même aujourd’hui ? Il est clair que la forte croissance des pays émergents a eu tendance à cacher nombres de déséquilibres économiques et sociaux ainsi qu’une véritable malgouvernance aux confins des secteurs publics et privés. En 1997 on avait découvert avec stupéfaction que les grandes entreprises coréennes (les chaebols) n’étaient que des géants aux pieds d’argile. En 2013, il est moins surprenant de constater que l’Inde et même le Brésil peinent à réformer des structures publiques sclérosées dans un contexte politique délétère, que la Russie demeure une zone de non-droit, que nombres de pays asiatiques sont gangrénés par la corruption, de l’indonésie au Vietnam, que même la Chine commence à ralentir !

Aucune croissance n’est éternelle et souvent les crises d’adolescence sont les bienvenues. Pas toutes en même temps quand même.

 

 

30 Aout 2013

 

Qui ne se souvient dans les cours de ferme des plaques émaillées ovales dont les cigognes vantaient les mérites des Potasses d’Alsace. On n’exploite plus de mines de potasse en Alsace mais la potasse - un ingrédient essentiel pour les engrais - tient le haut du pavé de l’actualité estivale sur les marchés de matières premières.

On pense bien sur au football et au financement de l’AS Monaco par un oligarque russe qui a fait sa fortune dans la potasse et qui s’est justement retiré avant que le petit monde feutré de la potasse n’explose littéralement.

Jusque là le marché de la potasse était pratiquement cartelisé entre les producteurs nord-américains autour des potasse du Saskatchewan et les producteurs de l’ex-URSS eux même aussi regroupés et appliquant la même stratégie de contrôle des prix que leurs homologues « capitalistes ». Mais voilà, en juillet, le russe Uralkali a fait exploser le cartel menaçant  d’inonder le marché en cassant les prix. Voilà qui ne pouvait plaire à son partenaire biélorusse, Belaruskali, une entreprise publique étroitement contrôlée par le despote local, Alexandre Loubachenko. Celui-ci vient de faire mettre en prison le patron d’Uralkali qui se trouvait en visite à Minsk : le bras de fer avec Moscou promet d’être passionnant … la vie est quand même plus tranquille à Monaco !