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Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

3 mars

Sale temps pour les bonus et autres rémunérations excessives de dirigeants. Bruxelles a frappé et les Suisses ont voté. Au niveau européen, malgré la violente opposition des Britanniques, le principe du plafonnement des bonus de la finance (au moins pour les banques) a été adopté. En Suisse, c’est par votation que les citoyens ont réclamé là aussi le plafonnement des rémunérations, mais cette fois de l’ensemble des dirigeants d’entreprise.

Que l’initiative vienne d’en bas (Suisse) ou d’en haut (Bruxelles), la perception est la même : le monde des dirigeants et des financiers a perdu presque tout contact avec la réalité économique. Des écarts de salaires pouvant aller au-delà de 1 à 200 sont presque considérés comme normaux alors qu’à la grande époque des « managers » de l’après-guerre, la norme était plutôt de 1 à 20. Soyons honnêtes, ces dérèglements ont touché bien d’autres secteurs si l’on pense aux footballeurs et autres sportifs.

Doit-on pour autant légiférer ? On aimerait tant que la simple morale suffise et que les intéressés prennent eux-mêmes conscience de l’énormité de ce qu’ils touchent. C’est bien sûr là du rêve et la réaction de la City de Londres montre bien combien chez les financiers on peut être âpre au gain. Il faut donc poser des limites, mais savoir aussi se placer du point de vue du Bien commun.

 

6 mars

Mort d’Hugo Chavez. Le personnage ne pouvait laisser indifférent au-delà de la véritable caricature qu’il était devenu ces dernières années et de la parfaite illustration de la « malédiction du pétrole » qu’il nous offrait.

Le Vénézuéla souffrait en effet avant Chavez de la malédiction du pétrole. Ses gouvernements aux mains d’une oligarchie appuyée par les États-Unis étaient plus corrompus les uns que les autres et « l’enfer de Maracaibo » rappelait le Cuba dominé par la Mafia de l’époque de Batista. Chavez fut démocratiquement élu et fit passer un souffle de justice sur un pays où la manne du pétrole ne profitait qu’à quelques-uns : la pauvreté recula et les minima sociaux progressèrent.

Malheureusement, peu à peu les vapeurs du pétrole lui montèrent à la tête et cela d’autant plus vite que le prix du baril passa de $ 20 à $ 100. Il nationalisa alors pratiquement toute l’économie la rendant encore plus dépendante du seul pétrole. Corruption et clientélisme se remirent aussi à battre leur plein. À l’international il crut, de manière quelque peu anachronique, prendre le relais de Fidel Castro, mais, faute de communisme, il alla s’acoquiner avec les pires tyranneaux de la planète. Il usa et abusa de l’influence que lui donnait la richesse du pétrole sans probablement comprendre qu’il n’était au fond qu’une marionnette. Dommage !

 

7 mars

Le point avec les producteurs de porc pris dans le ciseau de la baisse des prix de la viande de porc et du maintien à des niveaux élevés du coût de l’aliment. Au marché du cadran breton, le kilogramme de carcasse de porc qui avait tutoyé le niveau record de 2 euros en septembre et octobre est lourdement retombé au-dessous de 1,5 euro. À ce prix, les producteurs ne « passent » plus et ne peuvent compenser les prix élevés de l’aliment tirés par le maïs et le soja.

Le marché du porc n’est pas corrélé à celui de l’aliment. Il dépend moins des coûts de production que de la situation de l’offre et de la demande et cela au niveau européen voire de plus en plus mondial. Les élevages français demeurent de petite taille sur le modèle d’exploitation familiale et ne peuvent supporter des contraintes environnementales de plus en plus lourdes (l’affaire des algues vertes par exemple) auxquelles s’ajoutent maintenant des normes de bien-être animal. À l’autre bout de la filière, les relations sont tendues entre la grande distribution qui joue la baisse des prix et une industrie de plus en plus fragilisée souvent au bord du dépôt de bilan.

Le cas du porc illustre bien la faiblesse des logiques contractuelles au long des filières agroalimentaires et surtout l’absence totale de confiance entre les différents acteurs.

 

11 mars

Le promeneur ne trouve plus guère à Singapour de quoi cultiver sa nostalgie de l’Empire britannique. Partout des immeubles modernes écrasent les derniers vestiges du « raj » et il y a bien longtemps que Somerset Maugham ne fréquente plus les rives aseptisées de Boat Quay.

Il ait pourtant un lieu qui mérite la promenade du vagabond nostalgique : c’est le Jardin botanique, l’un des plus beaux au monde, créé à la fin du XIXe siècle et qui joua un rôle essentiel dans le développement économique de la région puisque c’est par là que passèrent les plants d’hévéa « volés » en Amazonie qui précipitèrent la chute de Manaus et la fortune de Singapour. C’est un jardin merveilleux à la fois britannique, « à l’anglaise » et tropical avec sa vallée de bambous et de palmiers, sa forêt pluviale, ses orchidées. Pendant ma promenade, un violent orage y a ajouté des rideaux de pluie chaude, gonflant ruisseaux et cascades. Sous un kiosque, une jeune mariée et ses photographes attendaient et dans sa longue robe blanche elle évoquait un autre temps, bien avant que Singapour ne devienne l’une des plaques tournantes de la finance mondiale. Mais les financiers ne vont pas dans les jardins botaniques…

 

12 mars

Alors que les télévisions françaises vaquent à leurs occupations « laïques », les télévisions anglo-saxonnes (BBC et CNN) passent en direct la longue cérémonie durant laquelle, dans la Chapelle Sixtine, les cardinaux prêtent serment de secret avant que ne commence le conclave qui va élire le successeur de Benoît XVI. Une fois la cérémonie terminée, ce fut l’« extra omnes » marquant la sortie de tous les non-cardinaux et puis la fermeture des portes de la Chapelle Sixtine devant lesquelles campent deux gardes suisses. Le cérémonial n’a pas changé depuis cinq siècles et en fait l’Église catholique est bien la plus ancienne institution de la planète, la plus importante « multinationale » aussi avec son milliard de fidèles plus ou moins actifs. Royaumes et empires sont passés, mais les successeurs de Pierre ont maintenu cette fragile souveraineté qui fait encore aujourd’hui l’étonnement du monde entier.

Certes, l’histoire de la multinationale catholique n’a pas toujours été exemplaire et récemment la gestion du siège social (la Curie) a montré quelques limites. Mais à l’aune du temps long, celui de l’Église, ce ne sont la que vaines péripéties. Bientôt, ces cardinaux du monde entier éliront le 266e successeur de Pierre. Le temps n’a pas de prise sur l’Église.

 

14 mars

« Habemus Papam ! » Le conclave n’a pas duré bien longtemps et le nouveau pape ne faisait pas vraiment partie des listes des « papabile » qui circulaient ces derniers jours. Les cardinaux ont innové : un Argentin (peut-être d’origine italienne d’ailleurs) et un jésuite qui prend le nom du fondateur des franciscains (à moins qu’il n’ait pensé à François Xavier).

Pour la première fois de l’histoire, la Compagnie de Jésus donne un pape à l’Église. Longtemps, les Jésuites ont été les auxiliaires zélés du Saint-Siège tout en préférant rester dans l’ombre, confessant les rois et les princes et éduquant leurs enfants. Le « général » des Jésuites ne manquait pas d’influence et la Compagnie embrassa avec enthousiasme les réformes issues de Vatican II dont le père Aruppe, le général de l’époque, fut un des acteurs majeurs. De moins en moins nombreux en Europe, les Jésuites restent un des fers de lance de l’Église au Sud, et souvent dans sa version la plus progressiste. Qu’en sera-t-il de François, un pape argentin, mais qui n’est pas à proprement parler un représentant du Tiers-Monde, mais d’un vieux pays d’immigration européenne qui à la fin du XIXe siècle était déjà considéré comme un pays « émergent ». Il confirme en tout cas ce choix préférentiel pour les pauvres qui reste une constante de Paul VI à Jean-Paul II.

 

18 mars

La solution trouvée pour faire participer les Chypriotes au sauvetage des banques de leur pays fait hurler… les Russes ! L’UE propose en effet de taxer tous les comptes bancaires ceci afin de récolter près de 6 milliards d’euros, une condition pour que l’UE elle-même s’engage, avec le soutien du FMI à hauteur de 10 milliards d’euros.

Chypre est en effet au bord du gouffre et son système bancaire est exsangue alors même que les liquidités y sont abondantes. En quelques années, Chypre est devenue une plaque tournante de la finance russe. Nombre d’oligarques y font transiter leurs affaires les moins avouables et Chypre est en réalité un paradis fiscal et réglementaire, mais à l’intérieur de l’UE, un véritable membre, ce que ne sont ni Jersey, Guernesey, l’Andorre ou Monaco.

La mesure proposée est nouvelle, mais au fond assez juste surtout si on en exempte les plus petits patrimoines. Elle touchera en fait essentiellement les capitaux étrangers et donc russes (on parle de 20 milliards d’euros de dépôts russes) ce qui explique la colère du Kremlin.

Mais comment ne pas être étonné aussi de la candeur bruxelloise qui semble ne découvrir que maintenant les turpitudes chypriotes. Carton rouge pour Bruxelles!

 

19 mars

La démission de Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, affaiblit un peu plus le gouvernement au plus bas dans les faveurs des Français.

Jérôme Cahuzac était l’un des plus brillants ministres de la vague de gauche de 2012. Pour l’avoir écouté plusieurs fois dans des dîners, je puis témoigner avoir rarement entendu un ministre maîtrisant autant la forme que le fond du sujet : un verbe brillant sans aucune note au service de convictions fortes et d’une véritable passion pour son domaine. Au budget et plus largement à Bercy, il avait gagné une réputation de « père la rigueur » qui ne lui avait pas fait que des amis parmi ses collègues ministres. Il part au moment même de l’envoi des lettres de cadrage budgétaire alors que la France est en récession.

Coupable ou non, la question est secondaire. Le jeu politique est impitoyable et il en connaît les règles. Avant lui, Hervé Gaymard, Éric Woerth, notamment, avaient fait cette cruelle expérience, d’autant plus cruelle qu’il y a rarement de seconde chance sauf paradoxalement pour les personnalités les plus « souples », de Balkany à Tapie. Sans être de son bord, on ne peut que regretter ce gâchis dont la France n’avait pas besoin.

 

21 mars

Débat sur une chaîne de télévision avec Liem Hoang Ngoc, un sympathique économiste de gauche, désormais député européen socialiste. Nous parlons bien sûr du rejet par le Conseil d’État du projet de taxe à 75 % pour les revenus supérieurs à un million d’euros. Curieusement nous sommes assez d’accord.

La genèse de cette proposition est en effet original. François Hollande l’a lancé lors d’une émission de télévision en février 2012 alors qu’il était menacé à la fois par Mélenchon et Sarkozy. Il fallait frapper dans la symbolique ces « riches » que les Français n’aiment guère : 75 %, un million, les comptes étaient ronds et bons… Passer à l’acte est une autre affaire et on peut estimer que le Conseil constitutionnel puis le Conseil d’État viennent de retirer une épine du pied d’un gouvernement aux abois.

Nous sommes en effet d’accord pour regretter le bricolage fiscal qui caractérise l’action de Matignon et de Bercy. Liem Hoang Ngoc et moi rêvions d’une remise à plat de la fiscalité française pour la rendre plus juste et équitable. Nous divergeons ensuite sur des points presque de « détail » comme l’ISF, tout en estimant qu’en temps de crise, l’impôt – même élevé – est légitime s’il est mis au service d’un véritable projet. Tel n’a pas été, tel n’est toujours pas le cas. Au contraire, la France est devenue un véritable repoussoir et on continue dans nos palais à confondre volontarisme politique et amateurisme fiscal.

 

22 mars

La mise en examen de Nicolas Sarkozy est un véritable coup de tonnerre pour le monde politique. Les réactions ont – dans certains cas – été violentes et même disproportionnées.

À bien y réfléchir, il n’y a là rien de bien choquant à partir du moment où on prend en compte le fait qu’en France, le juge d’instruction détient des pouvoirs exceptionnels (mais dans un contexte différent il en est de même aux États-Unis qui ont l’incontestable avantage de la rapidité des procédures).

On revient donc là sur une « vieille » histoire et il est exact que l’angle d’attaque (l’abus de faiblesse) apparaît bien ténu d’autant plus qu’à l’époque André Bettencourt était vivant. En réalité, on tombe là dans le marais saumâtre des relations entre les hommes politiques et l’argent.

Pour autant, on ne peut contester la procédure en cours et il ne faut pas confondre mise en examen et culpabilité. Un ancien président de la République ne peut être intouchable et ceci pose d’ailleurs le problème de leur participation au Conseil Constitutionnel.

Pour le reste, l’avenir politique de Nicolas Sarkozy, ultime recours d’une droite en perdition, est une autre question…

 

24 mars

Combien étions-nous en ce froid dimanche des Rameaux à battre un pavé parisien fort limité par les autorités à l’avenue de la Grande Armée : beaucoup plus que maints sceptiques ne l’imaginaient et probablement autour du million (la fourchette « officielle » est ce soir de 300 000 à 1 400 000…).

On retrouve les mêmes participants qu’en janvier : des familles, beaucoup de provinciaux, une ambiance bon enfant, pas de dérapages ni aucune homophobie. La « manif pour tous » est un incontestable succès et elle montre bien que le mouvement ne s’est pas essoufflé, bien au contraire.

Pourtant, il y a eu une incontestable dérive « politique ». À la tribune, les prises de paroles d’Henri Guaino (qui se prend de plus en plus pour Malraux) ou de Jean-Pierre Raffarin ne s’imposaient pas. Mais il était frappant de constater que slogans et banderoles reflétaient aussi l’inquiétude liée à la crise économique et à l’inaction gouvernementale : « Occupe-toi du chômage et non du mariage », tel était à peu près le sentiment d’une foule dont le message politique va beaucoup plus loin que le seul problème du « mariage pour tous ».

 

26 mars

Coup d’État en Centre Afrique. Un de plus pourrait-on dire : un militaire arrivé par la force en 2003 (et qui devait ses étoiles de « général » à l’empereur Bokassa) est chassé dix ans plus tard de la même manière. Mais qui en vérité se préoccupe de ce qui peut se passer à Bangui !

C’est là la cruelle illustration d’un mal africain, celui de la mal gouvernance, de l’instabilité politique et tribale, de la déliquescence des états. Les seuls pays africains qui s’en « sortent » sont ceux qui ont eu la chance d’avoir des gouvernants de qualité : on pense au Ghana de Jerry Rawlings, au Mozambique de Samora Machel et puis quand même par le passé à la Côte d’Ivoire de Félix Houphouet Boigny. Il y a quelques années un éditorial de Jeune Afrique se terminait par ce constat amer : « ce ne sont pas les peuples qui sont sous-développés, ce sont leurs dirigeants ». Alors que la notion d’alternance démocratique à l’occidentale relève de la théorie, on en est réduit à la chance de tomber sur un dirigeant qui ne se transforme pas en un vulgaire dictateur soucieux de placer les siens et sa famille. À ce petit jeu, il n’y a pas beaucoup de gagnants : la malédiction des matières premières joue à plein dans les pays dotés de ressources minières ou énergétiques, mais même pour les pays les plus pauvres comme la Centre-Afrique, la vertu reste rare et peu partagée. Pauvre Afrique.

 

27 mars

Débat sur la Politique agricole commune au Congrès de la FNSEA qui se tient à Troyes. Une nouvelle réforme se prépare et cette fois, elle va faire l’objet d’un « trilogue » (sic) entre la Commission, le Conseil et le Parlement. 32 réunions sont programmées à partir du 11 avril avec l’ambition de parvenir à un texte si possible pour la fin de la présidence irlandaise.

L’architecture générale du projet est maintenant claire : plus de mesures de soutien aux marchés, des aides directes largement verdies et découplées. On ne peut que déplorer l’absence d’un véritable projet, mais se féliciter quand même que la PAC ait survécu et que son budget soit presque intact. La plupart des intervenants ont souligné avec raison que le principal obstacle est bien celui de l’hétérogénéité de l’Europe et que ce « plus petit commun dénominateur » en laisse beaucoup sur leur faim. C’est tout particulièrement vrai pour l’élevage qui est le véritable souci français qu’il s’agisse du lait ou de la viande. Le découplage souhaité par l’Europe est là totalement absurde tant la fonction de l’élevage est liée à la gestion de l’espace : dans nombre de régions, on assiste à une véritable végétalisation qui pour d’autres se terminera en friches. Et puis la France a, elle aussi, ses propres handicaps sociaux et fiscaux. À suivre…

 

28 mars

Le treizième Forum Social Mondial (FSM) se tient actuellement à Tunis. Franchement, on avait presque oublié qu’il existait et les temps glorieux de Porto Alegre sont bien lointains. Les altermondialistes ne faisaient plus guère parler d’eux et le relais de la contestation avait été pris par les « indignés » dont l’approche idéologique et conceptuelle était quand même beaucoup plus limitée.

Même si les altermondialistes de la grande époque étaient irritants et si la dérive de certains de leurs dirigeants de la mouvance du Monde Diplomatique vers l’idolâtrie du couple Castro/Chavez était inquiétante, la disparition de la pensée altermondialiste, au moment même où l’économie libérale connaissait une crise majeure, ne pouvait que surprendre et même inquiéter. Face à la crise, il n’y avait plus de rêve au-delà de l’indignation.

Pour autant, le risque est grand de réunir le FSM à Tunis au cœur du Chaudron du Printemps arabe et il faut saluer un certain courage pour aller témoigner face à un islam pour le moins inquiétant. Par le message qu’il porte, le FSM est aussi un vecteur de solidarité entre les peuples et les sociétés. Ce que les « alters » ont le courage de faire, on aimerait aussi que les tenants de l’économie libérale y participent.

 

30 mars

Le sang de Saint Janvier (San Gennaro), le saint patron de Naples, a dû quelque peu bouillir en ce dimanche de Pâques sous le dôme de la cathédrale de Naples. L’office était beau célébré par le cardinal archevêque lui-même. Mais les paroissiens n’étaient pas assez nombreux pour remplir la vaste nef qui était parcourue de troupeaux de touristes, italiens et étrangers que la célébration de la messe ne gênait manifestement pas. C’était là une cruelle illustration de l’indifférence religieuse qui caractérise une bonne partie de l’Italie au-delà du folklore religieux.

À quelques centaines de mètres de là, dans la rue des Arméniens, les échoppes des fabricants de crèches ne s’en étaient pas moins actives et c’est vrai qu’elles sont belles les crèches napolitaines qui racontent la vie populaire au XVIIIe siècle. Ceci étant, les artisans se sont adaptés à la demande et produisent aussi de nombreux personnages contemporains. Dans de nombreux ateliers, on produisait à la chaine des effigies du « pape François » pour s’adapter à la demande. Quant aux personnages politiques, dans la situation particulièrement confuse qui est celle de l’Italie aujourd’hui, le visiteur étranger a quelque mal à se repérer au-delà de l’incontournable Berlusconi.