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Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er Juillet

 

La Croatie fait son entrée dans une Union Européenne que préside pour six mois la Lituanie… Qui eut imaginé cela il y a un demi-siècle alors que le « Marché Commun » faisait ses premiers pas, pour l’essentiel agricoles. Tito régnait en Yougoslavie où il faisait l’admiration de la gauche auto gestionnaire à l’image du PSU et de Michel Rocard. Les pays baltes n’existaient pas non plus et profitaient du paradis soviétique que plébiscitaient 15 % des français en votant pour un PCF demeuré stalinien.

Quelle extraordinaire rupture européenne ! Malgré les guerres civiles, les difficiles inventions de la démocratie, les frontières se sont peu à peu effacées, l’Europe au sens le plus large est devenue une réalité.

Certes les esprits chagrins diront qu’elle s’est aussi diluée, que la force des politiques a cédé le pas à des technocrates dont les directives réglementent insidieusement les moindres aspects de notre vie quotidienne. Et puis l’Europe continue à grandir alors même qu’elle n’est pas parvenue à régler ses problèmes de gouvernance et que ses institutions cherchant encore leur logique. N’aurait-il pas mieux valu faire une pause dans l’élargissement au lieu de rajouter une vingt huitième voix à un concert trop souvent dissonant ? La Tour de Babel européenne bruisse de multiples langues. Saurons-nous les comprendre ? 

 

 

3 Juillet

 

Sur le « padang » une partie de cricket semble avoir arrêté le temps à Singapour. Devant le Singapore Cricket Club, deux courts de tennis sur gazon et une pelouse de « bowling » - à surtout ne pas confondre avec notre vulgaire pétanque – attendent encore Somerset Maugham et ses amis. Mais tout autour ce ne sont que gratte ciels et bâtiments plus audacieux les uns que les autres. Le célèbre hôtel Raffles, un des orgueils du temps du Raj, autrefois au bord de la mer, se trouve maintenant au milieu de terrains récupérés pour construire de nouvelles banques, de nouveaux sièges d’entreprises qui ont fait de Singapour la véritable capitale financière de l’Asie.

Singapour est aussi devenue le deuxième pôle mondial du « trading » des matières premières, après Genève certes, mais ces dernières années les plus grands du négoce à l’image de Trafigura ou de Gunvor y ont rejoint les entreprises « locales » comme Winmar, Olam ou Noble, ce dernier étant plus présent ici à Hong Kong.

L’environnement réglementaire et fiscal y est favorable mais surtout la « tribu » du négoce y a trouvé ses marques notamment en ce qui concerne le monde de l’énergie.

Au large, à perte de vue, des navires sont à l’ancre attendant quelques hypothétiques cargaisons tant sont grandes les surcapacités de la flotte mondiale avec des taux de fret qui n’ont jamais été aussi faibles. Il est bien temps de jouer au cricket.

 

 

4 Juillet

 

La chute du Président Morsi en Egypte tourne une nouvelle page du printemps arabe. Par un curieux retournement de situation, l’armée – dont pourtant on sait le pouvoir économique, la corruption et les privilèges -  apparaît comme la seule sauvegarde de la démocratie.

En fait dans les trois pays du printemps arabe, Egypte, Tunisie et Lybie et dans une moindre mesure en Syrie, le scénario aura été le même. Une dictature est renversée par la rue ou par les armes. Aux élections qui suivent la période de transition, les partis démocratiques laïques vont aux urnes en ordre dispersé, une partie de leur personnel politique étant déconsidéré par sa cohabitation plus ou moins forcés avec l’Ancien Régime. Ils se trouvent laminés par les seuls opposants bien organisés, à peu près unis et surtout prêts à prendre le pouvoir que sont les islamistes. Mais à la différence de la Turquie ou ceux-ci avaient su avancer – au moins au début – avec précaution, les nouveaux gouvernants, souvent débordés par leur base extrémiste, ont cherché à imposer une marche accélérée vers une société islamiste à des populations qui rêvaient simplement de justice et de liberté. La balle est maintenant dans le camp des laïcs. Sauront-ils la saisir ?

 

 

5 Juillet

 

Alors que de nombreux pays démantèlent leur politique agricole, l’Inde renforce la sienne notamment dans sa composante alimentaire. Le gouvernement a décidé de faire passer en urgence au Parlement un « Food Security Bill » qui va augmenter le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire de 300 à 800 millions de personnes. Ceci permettra – un peu sur le modèle des « foods stamps » américains – à une part importante de la population (plus de la moitié) d’acquérir des denrées alimentaires de base (céréales, huile, sucre) à des prix largement subventionnés. Au total cela représentera un coût estimé à $ 21 milliards par an.

Au-delà des critiques électoralistes (élection en Inde en Mai 2014), que penser de pareille initiative ? La pauvreté est une réalité quotidienne et 46 % des enfants indiens sont mal nourris. Il est donc urgent d’agir et Amartya Sen a fait remarquer que ce programme ne couterait pas plus cher que les exemptions fiscales dont bénéficient les industries du diamant et de joaillerie. Le problème est que le système actuel ne marche pas bien et souffre d’une corruption presque endémique. Déjà l’état achète le tiers des récoltes et gère – plutôt mal – des stocks parmi les plus importants au monde. Il n’est pas sûr que cette « bonne idée » ne se termine en un de ces monstres bureaucratiques dont l’Inde a le secret.

 

 

6 Juillet

 

Inauguration du gisement pétrolier de Kashagan, au Kazakhstan, dont les premières gouttes de pétrole devraient sortir à la fin de l’année : la fin ou presque d’une histoire commencée en 2000. Kashagan a en effet accumulé tous les problèmes : des conditions physiques éprouvantes certes (le Nord de la mer Caspienne) mais surtout un environnement politique difficile tant au Kazakhstan que dans les relations à ses principaux voisins. A l’origine le consortium de compagnies pétrolières associées dans le projet était emmené par la société publique italienne ENI. Devant les retards accumulés et la mauvaise humeur Kazakhe, ENI a du céder le rôle de coordinateur à ses partenaires américains et français.

Quoiqu’il en soit, ce qui est important c’est de remarquer qu’il aura fallu quatorze ans pour réaliser un projet pétrolier d’envergure et que celui-ci ne sera probablement capable de produire à plaine capacité que dans deux ou trois ans. En 2000 le baril de pétrole valait à peu près $ 20 et début 1999 on était à moins de $ 10. On comprend que bien peu de projets soient alors allés à leur terme.

Or, comme on le voit, le temps des matières premières est un temps long – quinze, vingt ans.

Les décisions prises à la fin du XXe siècle, lorsque les marchés étaient au plus bas, ne portent leurs fruits qu’aujourd’hui. Bien tard.

 

 

8 Juillet

 

Mathurin, mon cinquième petit fils vient de naître à Toulouse. En Février 2009 son cousin Jules était né presque « le jour le plus bas » au cœur de la crise économique  financière. Mathurin voit le jour au moment où le moral des français est au plus bas, au cœur d’une véritable crise qui affecte tout particulièrement la France. Si, en effet Mathurin partage avec Jules le fait d’être né durant la « crise de 2008 », ils ne l’abordent pas par le même versant notamment du point de vue français : en 2009 la France connut en effet la récession la plus douce de tous les pays de l’OCDE ; en 2013 au contraire, la France est le maillon faible d’une Europe qui souffre mais où la plupart de nos voisins ne partagent pas l’attitude de déni qui est celles des français, tant des citoyens que des politiques.

La naissance d’un enfant est un merveilleux signe d’espérance et le taux de fécondité des françaises – le plus élevés d’Europe – est bien le seul indicateur positif d’une France dont pratiquement tous les signaux sont au rouge.

Rarement en effet le grand père de Mathurin aura été aussi pessimiste sur la situation tant politique – à gauche comme à droite – qu’économique.

Heureusement la vie reprend ses droits, la sève monte dans l’arbre de l’humanité, les enfants nous guident. Merci Mathurin !

 

 

9 Juillet

 

Faut-il croire dans les « abenomics », la nouvelle cure de jouvence que le gouvernement Abe essaie d’infliger à un Japon qui semble abonné à la croissance zéro depuis presque deux décennies. Shinzo Abe a lancé un ambitieux plan de relance marqué surtout par l’expansion monétaire afin de mettre fin à la déflation qui caractérise l’archipel depuis plusieurs années. Au premier trimestre, l’économie nippone a nettement rebondi mais cela n’a pour l’instant pas eu d’impact dans la vie quotidienne. Au contraire même le montant d’argent de poche dont peuvent disposer les employés japonais pour les beuveries nocturnes est au plus bas depuis 1992. Traditionnellement au Japon ce sont les femmes qui gèrent le budget du ménage et donnent à leurs maris leur argent de poche pour boire avec leurs collègues en fin de journée. D’après la Shinsei Bank, le montant mensuel moyen en 2013 est de $386, en baisse de 3 % sur 2012. C’est la preuve que pour l’instant la croissance n’a pas été partagée en termes de hausse de salaires.

Malheureusement pour Shinzo Abe, les ménagères japonaises restent déflationnistes et il sera peut-être plus difficile de les convaincre que de faire rêver les marchés. L’inflation ne se commande pas !

 

 

11 Juillet

 

Au cœur de la crise française, il y a malheureusement celle du politique, ou du moins l’incapacité de la classe politique française à se renouveler. Non pas que manquent les « jeunes pousses » mais parce que celles-ci sont impitoyablement écartées par leurs anciens que leurs défaites rajeunissent presque. A droite on ne parle que du retour de Nicolas Sarkozy, taclé par François Fillon tandis qu’à gauche François Hollande rêve d’un second tour de présidentielle qui l’opposerait à Marine Le Pen ! Comme si, un an à peine après les dernières élections, on ne pensait déjà qu’à 2017.

Aux Etats-Unis, au Royaume Uni, il existe une règle implicite qui peut se résumer par « up or out » : un homme politique pour se consacrer au monde caritatif ou plus prosaïquement aux affaires.

Aux Etats-Unis, seul Richard Nixon avait enfreint cette règle. Au Royaume Uni existe la chambre des Lords où on peut mettre « au frais » les plus ou moins jeunes retraités. En France rien de tout cela et l’heure de la retraite ne sonne jamais pour tous ceux qui se croient irremplaçables, à l’image encore du maire de Marseille qui a décidé de solliciter un nouveau mandat … d’octogénaire.

Prendre les mêmes, recommencer, tout ceci est-il raisonnable ?

 

 

13 Juillet

 

« A la suite d’un accident de personne, notre train est immobilisé pour une durée indéterminée en gare de Morcenx » Morcenx, jolie cité landaise écrasée par la chaleur estivale, accueille donc les passagers d’un TGV qui rêvaient d’un bain dans les eaux de l’Atlantique. Derrière ce communiqué anodin, il y a donc un suicide ce matin un peu plus loin, un immense désespoir qui s’est terminé dans un choc contre le museau allongé d’un train qui a broyé une vie.

Notre retard compte bien peu à l’aune de cette détresse qui pour nous les passagers restera anonyme. Dans le train, on prend son mal en patience, en évoquant l’accident de la veille, un déraillement en gare de Brétigny sur Orge qui a mobilisé toute la presse et même le président de la République. Là c’est seulement la banalité du quotidien. Mais comment oublier le geste de celui ou celle qui est parti ainsi sous le grand soleil de cette si belle journée.

A l’inconnu, ces quelques lignes qui sont aussi une prière pour que d’autres ne l’oublient pas. Il est maintenant dans une autre Espérance sans les petitesses et les faiblesses des hommes, au cœur d’un Mystère qui nous dépasse, celui de la vie et de la mort.
Le TGV roule de nouveau. L’oubli est déjà là. Pour vous qui venez ainsi de partir, prions pour que vous ne soyez pas totalement oublié par ceux qui vous ont aimé.

 

 

15 Juillet

 

La grande comédie du baccalauréat s’achève sur un taux de réussite qui dépasse les 90 % pour les séries générales. On compte plus de 10 % de mentions TB, devenues d’une banalité affligeante dans les grands lycées. Je suis assailli de « mails » de parents de mentions TB qui s’indignent que leur progéniture ait été refusée à Dauphine (où les admissions sont prononcées au mois de Mai, avant le bac qui n’a donc aucune importance comme pour toutes les formations sélectives).

Au vu de son coût et de la perturbation qu’il provoque dans les établissements qui l’accueillent, la cause du baccalauréat, examen universitaire national, est à peu près indéfendable et ce d’autant plus qu’il n’ouvre à peu près aucune porte si ce n’est celles de premiers cycles universitaires saturés où la sélection/élimination sera d’autant plus impitoyable.

Supprimons donc le bac mais de grâce soyons capable de le remplacer, probablement au niveau de chaque établissement, par un contrôle des connaissances mais surtout par un rite solennel marquant pour tous les élèves la fin de leur apprentissage scolaire. Par démagogie égalitariste, on a supprimé les distributions des prix. Il n’est pas question de les rétablir mais de donner une dimension solennelle et festive que notre baccalauréat actuel a perdu depuis belle lurette.

 

 

16 Juillet

 

La saison des festivals bat son plein, d’Aix en Provence à Avignon les « gens de culture » ont commencé la grande transhumance estivale qui leur fait quitter les bords de la Seine.

Cette année, le spectacle est aussi dans la salle avec la polémique autour des nominations en cours d’un certain nombre de directeurs de centres dramatiques nationaux, les principales scènes publiques installées en province cofinancées par l’état et les collectivités locales. La ministre, qui décide en dernier recours (nous sommes en France et il en est des directeurs de CDN comme des professeurs d’université), veut rajeunir et surtout féminiser. Nombre d’intéressés, souvent atteints par la limite d’âge, s’accrochent et crient à la chasse aux sorcières.

Mais ce qui est fascinant dans cette polémique pour l’observateur extérieur est qu’à aucun moment les critères économiques ne sont évoqués alors qu’il s’agit de scènes publiques, lourdement subventionnées et en général déficitaires. En un temps de disette budgétaire, il apparaitrait logique que de telles considérations puissent être évoquées, quitte à faire preuve d’imagination en termes de financements privés comme ce fut le cas au Louvre sous la présidence d’Henri Loyrette. Mais là aussi nous sommes en France …

 

 

18 Juillet

 

Le débat national sur la Transition énergétique est bien mal parti. Les organisations d’entreprises (MEDEF, CGPME, artisans) et la FNSEA refusent en effet de signer un texte dont elles contestent plusieurs des recommandations notamment en ce qui concerne le nucléaire, les gaz de schiste et les énergies renouvelables.

Comme pour le Grenelle de l’environnement, le débat sur la transition énergétique a servi d’exutoire à nombre d’ONG dont l’activisme est souvent inversement proportionnel à la représentativité véritable sur le terrain. Mais composées en général d’un petit nombre de militants à temps plein (dont le financement demeure bien obscur en dehors de quelques fonds… publics) les ONG sont d’une redoutable efficacité dans les couloirs ministériels – de gauche comme de droite – et auprès des médias (Greenpeace vient encore de frapper dans la centrale nucléaire du Tricastin). Avec elles, aucune négociation n’est possible, chaque concession étant assimilée à une preuve de faiblesse à exploiter. Toute analyse scientifique n’allant pas dans leur sens est à priori manipulée par les puissances de l’argent et doit être rejetée.

On comprend qu’en de tels débats, la « société civile » doive être représentée. Mais encore faudrait-il savoir qui détermine les critères de cette représentation.

 

 

19 Juillet

 

Il n’était pas dans la liste de la Légion d’Honneur du 14 Juillet et l’information a peu circulé : mais Guennadi Timtchenko vient d’obtenir le ruban rouge. Après Mikhail Prokhorov, l’homme de Norilsk et des frasques à Courchevel, voila donc un nouvel oligarque. Cet ami de Poutine a crée, il y a une dizaine d’années, Gunvor qui est aujourd’hui l’une des plus importantes sociétés au monde de trading de matières premières.

Enregistrée à Chypre, ayant son siège à Genève et depuis peu à Singapour, Gunvor a disposé dès sa fondation d’un accès privilégié aux exportations de pétrole russe. A l’époque nombre d’observateurs pensaient même que Timtchenko n’était qu’un prête-nom pour Vladimir Poutine lui-même ou au moins pour les intérêts du Kremlin. Réellement Gunvor a été à l’origine de polémiques en Suisse autour de certaines de ses activités africaines aux relents sulfureux.

Fallait-il au nom de la « realpolitik » et des intérêts français en Russie, le décorer et galvauder un peu plus cette malheureuse légion d’honneur ? Faut-il même se poser la question ?

 

 

20 Juillet

 

Encore la Chine mais cette fois pour une histoire de céréales. On savait déjà que l’Empire du Milieu serait probablement le premier importateur mondial de riz pour la campagne 2013/2014. Mais il en sera peut-être de même pour le blé. Il se confirme en effet que la récolte chinoise est médiocre tant en quantité qu’en qualité. L’USDA anticipe déjà des importations de 8.5 millions de tonnes et certains parlent de 10 millions de tonnes soit plus que l’Egypte. Déjà 3 millions de tonnes ont été achetés aux Etats-Unis, en Australie et même en France par l’agence d’état Sinograin qui gère les réserves publiques. Des achats importants ont été aussi réalisés sur le marché du maïs avec un bloc d’un million de tonnes confirmé début Juillet.

A coté des importateurs traditionnels de la Méditerranée et du Moyen Orient, la Chine devient donc un pion majeur sur l’échiquier mondial des grains, un peu à l’image de l’URSS des années quatre vingt. Le gouvernement chinois se doit de gérer à la fois l’approvisionnement du marché national, l’évolution des prix intérieurs et les conséquences de ses achats sur le marché mondial, le tout dans la plus grande opacité des prises de décision.

A côté du fer et du cuivre, les grains vivent désormais au rythme des pulsations politiques et économiques de la Chine.  

 

 

25 Juillet

 

Les JMJ battent leur plein à Rio de Janeiro. C'est la première grande sortie du pape François, le voisin argentin. Comme d'habitude, les grandes foules sont au rendez-vous sur la plage de Copacabana, le Brésil n'est-il pas le plus important pays catholique de la planète. Pourtant, au Brésil même, le catholicisme est de plus en plus fragilisé par la montée en puissance de nouvelles religions "évangéliques", issues du protestantisme mais arrangées à une sauce locale qui n'est pas exempte de dérives sectaires ni d'arrières pensées politiques. Signalons que la troisième religion "officielle" brésilienne - en sus du vaudou et de tous ses syncretismes - est le spiritisme fondé par le "mage" français Alan Kardec au XIXe siècle.

Mais a Rio, la ferveur populaire était au plus haut avec - dit-on - trois millions de participants aux célébrations de Copacabana ce qui fait des JMJ la plus importante manifestation populaire de la planète. Bel hommage à cette église catholique dont la capacité à se régénérer après deux millénaires d'histoire est quand même extraordinaire. Après Jean-Paul II, le pasteur charismatique, Benoit XVI, le théologien éclairé, François incarne bien une sorte de synthèse tournée vers les pauvres. Et le message passe...

 

 

26 Juillet

 

Les arêtes de Rochefort se situent dans le Massif du Mont Blanc, à côté de la dent du Géant, autour de 4000 mètres d'altitude. C'est une course plus aérienne que difficile. L'arête de neige est un mince fil qui domine d'un côté comme de l'autre un bon millier de mètres de vide. L'alpiniste a l'impression de progresser en apesanteur avec le ciel comme seul horizon. Parti du refuge en pleine nuit afin de profiter de la neige dure et gelée, il profite de la clarté de la lune puis des premiers rayons du soleil qui viennent lécher les façades orientales. ll y a peu de moments où l'impression de liberté est aussi grande, de faiblesse aussi face à une nature qui nous domine. Vite en effet des nuages viennent boucher l'horizon. La montagne reprend ses droits.

A l'autre bout de la Vallée Blanche, au sommet de l'Aiguille du Midi, c'est l'effervescence habituelle: des touristes du monde entier - et surtout les habituels japonais - prennent le téléphérique pour contempler le Mont Blanc et ses glaciers. Nous sommes là au coeur de l'un des fleurons du marché mondial du tourisme. Les peluches de "Saint Bernards" vendues dans le magasin de souvenirs sont "designed in Europe" mais "made in China", où d'ailleurs on élève ces gentils chiens pour leur viande...

Mais là haut sur l'aiguille de Rochefort, l'alpiniste est loin des marchés et de la mondialisation.

 

 

27 Juillet

 

7h23, gare Montparnasse à Paris. Le train d’Hendaye ne part pas. Au petit matin de très violents orages ont ravagé le Poitou, les Charentes et le Bordelais. Des arbres sont tombés sur les voies ; des caténaires ont été arrachés. Les trains ne peuvent circuler en ce samedi matin de grande transhumance sur l’itinéraire des vacances.

Le train est plein de vacanciers et de jeunes qui « descendent » pour les fêtes de Bayonne. Des informations souvent contradictoires circulent : Train annulé, retard indéterminé … Les minutes puis les heures passent. L’ambiance reste bon enfant grâce à la « chef de train » qui réconcilie tout le monde avec le sens d’un certain service public. Mais elle est bien seule à se battre face à la pénurie d’informations fiables. Débordée, l’organisation de la SNCF fait preuve de profondes lacunes y compris dans la communication avec ses agents « sur le terrain ».

Finalement le train s’ébranle avec un peu moins de sept heures de retard, s’arrête encore un peu à Bordeaux, faute de conducteur, en profitant pour charger un peu plus de voyageurs, ralentit encore dans les landes avant d’arriver à destination après une longue journée d’hésitation. Les « festayres » pourront finir leur nuit à Bayonne.

La nature a mis à mal l’organisation la mieux huilée mais il aura suffit de la bonne humeur d’un « agent » pour tout oublier.

 

 

31 Juillet

 

Le Conseil d’état vient d’annuler l’interdiction en France du plus célèbre des OGM, le Monsanto 810. Bien entendu, le Conseil ne s’est pas intéressé au fond mais à la forme et à l’illégalité d’une décision française en contradiction avec le droit européen.

En France, la messe est dite depuis longtemps et même Monsanto ne se fait aucune illusion. Les OGM ne passeront pas ! Ce qui est fascinant aujourd’hui c’est le grand bal des hypocrites : le président martial bombe le torse et traite les OGM comme les gaz de schiste ; le ministre de l’écologie, qui - en son temps – avait décrété, de manière totalement illégale, que son département du Gers sera « non-OGM », en rajoute ; les organisations environnementalistes (FNE, Amis de la Terre …) qui dominent le malheureux Haut Conseil des Biotechnologies et qui viennent d’avoir la « peau » des derniers peupliers OGM, en profitent pour étendre leur combat à la transgénèse (les OGM classiques) à la mutagénèse qui, sur le plan de la manipulation génétique ressort d’une logique voisine.

Il y a bien longtemps que le débat sur les biotechnologies n’est pas scientifiques. La décision du Conseil d’état nous rappelle qu’il est purement politique et passionnel donc irrationnel.