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Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er octobre

Alors que le gouvernement français a gagné un léger répit (soixante jours) pour trouver un hypothétique repreneur à Florange, les grandes manœuvres se poursuivent dans l’acier mondial : Nippon Steel et Sumitomo fusionnent pour former le deuxième producteur mondial d’acier tandis que Thyssen-Krupp met en vente ses activités américaines. Partout, l’heure est à la défense alors que l’organisation mondiale de l’acier estime le taux d’utilisation des capacités de production à l’échelle mondiale à seulement 75 %.

Qui dans ce contexte pourrait reprendre Florange et surtout y faire les investissements nécessaires ? Les autres européens ne sont pas en très bonne posture sauf peut-être l’italien Riva qui est obligé de fermer son aciérie de Tarente pour des raisons de pollution et qui risque de souffrir d’un déficit de production. On imagine mal un sidérurgiste chinois sortir de ses frontières (ce n’est jamais arrivé !). Tata a déjà acheté la sidérurgie britannique. Il reste alors les habituels « chasseurs de primes » en provenance de l’Est mais les oligarques de l’acier ont été par le passé bien peu fiables, à l’image au fond de Lakhsmi Mittal lui-même. Qu’il est loin le temps des prouesses du « petit indien » contre les ingénieurs d’Arcelor. C’était le temps du rêve en Lorraine !

 

2 octobre

L’annonce vient de tomber : le 18e Congrès du PCC est convoqué pour le 8 novembre prochain. Enfin, pourrait-on dire tant la Chine – et même le monde – étaient suspendus à cette annonce.

La convocation du Congrès signifie en effet qu’à priori un équilibre a été trouvé dans la composition des principales instances du Parti communiste Chinois, entre les sortants et les entrants, les conservateurs et les modernes, l’armée et les bureaucrates, le passé et l’avenir. Le « Rotary Club » chinois aura bientôt son nouveau « chairman » et surtout son Conseil des sept sages qui dans les faits gouverne la Chine.

Le Congrès en lui-même ne devrait pas apporter de bien grandes surprises, mais au moins il permettra de libérer énergies et initiatives, d’assurer aussi les conditions de la relance d’une économie qui commence à peiner.

Depuis trente ans, les gouvernants chinois sont passés maîtres dans l’art subtil du « fine tuning » permettant d’éviter les à-coups brutaux qui caractérisent normalement les pays émergents. La nouvelle équipe saura-t-elle poursuivre sur cette voie subtile ou bien sera-t-elle confrontée à des déséquilibres tels qu’une pause s’imposera ? Voilà l’une des questions majeures qui aujourd’hui concerne la planète entière.

 

3 octobre

Rumeurs et contre rumeurs ne cessent d’agiter le microcosme parisien à propos des mesures fiscales présentées la semaine dernière. Victimes et « pigeons » n’hésitent pas à monter au créneau et font reculer un gouvernement qui n’est pas très droit dans ses bottes.

L’affaire des « pigeons » est de ce point de vue éclairante. Il s’agit des entreprises en croissance (Start-ups) dont les plus values se verraient taxées au même niveau que les revenus du travail (IR). On connaît le modèle qui s’est développé depuis une vingtaine d’années autour de la génération des « dotcoms » : une idée plus ou moins géniale, des investisseurs qui mettent au pot et qui valorisent ainsi le capital du ou des fondateurs, quelques années de développement et puis la revente et dans le meilleur des cas la fortune. Cette image de l’argent vite gagné fait bien sûr rêver tous les Bill Gates et Mark Zuckerberg en herbe (quoique ceux-ci n’aient pas vendu leurs entreprises). Certes, ils sont des créateurs, des entrepreneurs, mais leur protestation est quand même empreinte de l’égoïsme le plus total et d’ailleurs ils seront souvent les premiers, une fois fortune faite, à partir en Belgique… Soyons clairs : la taxation est là excessive et stupide, mais les protestations le sont tout autant qui nous prennent pour des pigeons !

 

 

7 octobre

Hugo Chavez a été réélu à la présidence du Venezuela. Le scrutin a été démocratique et apparemment, il n’y a pas eu plus de fraudes qu’en bien d’autres démocraties avancées.

Vu d’Europe et à l’exception des lecteurs du Monde Diplomatique, Chavez est une véritable caricature du dictateur sud-américain qui, assis sur ses barils de pétrole, fréquente les pires régimes de la planète, de l’Iran à la Corée du Nord en passant bien entendu par Cuba dont la survie économique doit beaucoup à la sollicitude de ce fils spirituel de Castro. Il faut cependant un peu relativiser.

Il est exact que le Venezuela est aujourd’hui le plus bel exemple de la célèbre « Dutch disease », cette malédiction des matières premières et surtout du pétrole, si répandue de l’Afrique à l’Asie Centrale. Mais soyons honnêtes, cela ne date pas de Chavez. Les gouvernements de la droite conservatrice qui l’ont précédé avaient contribué à faire du Venezuela cet « enfer de Macaraibo » déjà célèbre dans les années cinquante. À l’époque, le Venezuela était soutenu et contrôlé par le « capitalisme » américain. Putschiste, puis démocratiquement élu, Chavez a fait beaucoup pour bâtir un État-providence digne de ce nom est sous son règne le sort du Venezuelien de base s’est incontestablement amélioré ce qui peut expliquer le vote actuel. Mais ensuite les vapeurs du pétrole ont provoqué mégalomanie, corruption et débordements de toute sorte.

Et Chavez a cessé de nous faire rêver.

 

11 octobre

Il y a un demi-siècle, s’ouvrait le Concile Vatican II. Avec le recul du temps, il faut reconnaître que l’Église catholique fut là, pour une fois, très largement en avance sur son temps. En 1962, le monde de l’après-guerre coule encore ses plus belles années, celles des Trente Glorieuses. Le temps des indépendances a certes sonné le glas des empires coloniaux, mais le monde occidental, arc bouté contre la menace communiste, est toujours empreint du rêve américain.

C’est le moment choisi par l’Église, plusieurs années donc avant les vagues de contestation sur le modèle de Mai 68 qui balayèrent maintes institutions à commencer par l’université, pour se remettre en question non seulement en ce qui concerne « ses ors et ses rites », mais surtout dans ses rapports à la société et aux autres religions. On le sait maintenant, la Curie romaine n’avait pas prévu pareil exercice et ce sont quelques cardinaux européens discrètement appuyés par Jean XXIII qui amenèrent les pères du Concile à pousser beaucoup plus loin les bornes de la réforme de l’institution ecclésiale.

Par la suite, Vatican II a été contesté, critiqué, tenu responsable du déclin de la pratique religieuse en Occident. La génération de Vatican II s’en va peu à peu. Mais l’Espérance qu’a apportée le Concile demeure.

 

13 octobre

De quoi parle-t-on dans les dîners en ville, en particulier dans l’ouest parisien ? Des impôts bien sûr et des projets qui circulent au gré des amendements en provenance des parlementaires. Il est vrai que le chaos le plus total règne dans les intentions de la majorité actuelle et cela, faute d’avoir su procéder à la grande remise à plat de la fiscalité et en fait de l’ensemble des prélèvements dont la France a tant besoin.

Au lieu de cela, on reste au jeu classique des niches, des députés qui aboient, des reculs plus ou moins glorieux et motivés. Il y avait eu les « pigeons », ce sont maintenant les cultureux qui montent au créneau pour « sauver » l’art des griffes de l’ISF. L’idée n’est pas neuve et un député de droite l’avait déjà proposée en 2010. Ce serait au fond juste et équitable : l’art, passé un certain niveau, fait partie du patrimoine et il n’y a aucune raison de l’en exclure surtout au nom du sauvetage d’un marché français de toute manière moribond. Gageons que là aussi, le gouvernement va reculer, comme il l’a fait pour les pigeons des « Start-ups », comme il l’a fait pour les intérêts ultra-marins dans les DOM-TOM, comme il l’a fait même dans l’immobilier avec le « Duflot ». Que d’occasions ratées en un moment où conjuguer fiscalité et équité serait si nécessaire.

 

16 octobre

La Journée mondiale de l’Alimentation passe presque inaperçue. En ces temps de fortes tensions sur les marchés agricoles mondiaux, la FAO nous rappelle qu’il y a dans le monde 870 millions de personnes sous-alimentées, souffrant de ce qui est en vérité de la pauvreté alimentaire. Certes, le chiffre global a diminué ces dernières années, mais il a augmenté en Afrique (239 millions de personnes), là où le défi alimentaire sera de loin le plus difficile à surmonter.

C’est aujourd’hui que se réunit à Rome le dispositif d’alerte présidé par la France qui doit se pencher sur la situation de marchés mondiaux des grains que la publication du dernier rapport de l’USDA a encore relancé à la hausse. Il ne sortira probablement rien de la réunion romaine, car, au fond, les solutions sont bien connues et ne relèvent pas des mesures de court terme. Il s’agit de la relance des politiques agricoles dans les pays les plus dépendants et en particulier en Afrique subsaharienne : est-il fou de rêver de l’équivalent d’une Politique agricole commune dont pourraient bénéficier les paysans du Tiers-Monde (qui forment d’ailleurs les gros bataillons des mal-nourris de la planète) et qui serait financée par les pays riches ? Plus difficiles à mettre en place que vraiment coûteuses, ce sont ces politiques agricoles qui permettent vraiment de réduire la pauvreté alimentaire.

 

17 octobre

À Genève, grande place du négoce s’il en est, un débat sur le marché du riz illustre bien les réflexions précédentes. Le riz a en effet échappé à la vague de tensions qui a submergé les marchés mondiaux des grains, ce qui n’avait pas été le cas au printemps 2008 lorsque la tonne de riz avait dépassé les $ 1000 contre un peu plus de $ 500 aujourd’hui. Ceci est lié à une excellente récolte en Inde qui a permis à ce pays de tripler ses exportations sur la campagne en cours, au grand dam de la Thaïlande.

En Thaïlande, le gouvernement sorti – difficilement – des urnes en 2011 s’est engagé dans un programme de soutien des prix au producteur à des niveaux largement supérieurs à ceux du marché mondial (sur lequel la Thaïlande est le premier exportateur mondial). Ceci rappelle bien sûr la grande époque de la PAC européenne. Mais faute de moyens pour financer des subventions à l’exportation, le gouvernement thaïlandais stocke son riz (y compris dans l’ancien aéroport de Bangkok) dans l’attente de jours meilleurs que les disponibilités indiennes ne cessent de repousser. Au contraire même, négociants et acheteurs parient sur un échec de la stratégie thaïlandaise et sur l’arrivée massive de ces stocks sur un marché qui pourrait alors perdre encore une centaine de dollars. Les politiques agricoles sont à manier avec précaution…

 

20 octobre

Le sommet européen (un de plus) n’a pas fait la une de la presse et n’a guère passionné les médias. Il devait pourtant être l’occasion d’avancer un peu plus la construction européenne sur la base d’un excellent rapport d’Hermann Van Rompuy. Celui-ci a publié un document de bon sens poussant au-delà de l’union bancaire à une plus grande intégration budgétaire et par là même à un peu plus d’abandon de souveraineté de la part des membres d’Eurolande.

Au lieu d’une discussion sur le fond, on a assisté à des tiraillements franco-allemands sous l’œil goguenard des Britanniques. François Hollande, maladroit, a chargé la barque en invoquant le calendrier électoral allemand tandis que ses ministres profitaient du voyage pour rencontrer les dirigeants… du SPD.

Le rapport Van Rompuy avait été un signe d’espoir pour tous les Européens convaincus qui y voyaient enfin une pierre supplémentaire à la construction européenne. Pour la première fois, les questions budgétaires et, en filigrane, fiscales et sociales se trouvaient abordées dans une véritable construction politique.

L’absence de vision politique de l’axe franco-allemand intervient au pire des moments : cela n’a jamais été le fort d’Angela Merkel, mais malheureusement François Hollande, emporté dans ses indécisions nationales, ne fait pas mieux. Dommage.

 

22 octobre

BP sort de Russie : avec de l’argent certes ($ 25 milliards), mais quand même sur un constat d’échec. Cet échec est celui du Britannique, mais aussi celui de la normalisation russe.

Au départ BP pouvait penser avoir décroché le gros lot : seul pétrolier occidental à avoir pu mettre le pied en Russie, le Britannique s’était associé à un groupe d’oligarques russes tout en gardant la gestion effective de TNK-BP. Mais rapidement, l’aventure a tourné au cauchemar, les partenaires de BP se révélant difficiles et bénéficiant de la protection du Kremlin et donc de l’indulgence des tribunaux russes en cas de conflits entre actionnaires.

Et des conflits, il y en a eu, avec dans certains cas expulsion des représentants de BP à la clef. Il devint clair que la présence de BP, une entreprise étrangère au cœur de la puissance russe – les ressources naturelles – n’étaient plus tolérable : celles-ci devaient être contrôlées soit par des entreprises publiques ou assimilées (Gazprom, Rostneft) soit par des oligarques ayant fait allégeance au “Tsar” Poutine, chacun ayant en tête le sort de Yukoil et de son patron Khodokowski.

Cela tombait bien, BP avait besoin d’argent pour payer l’ensemble des sommes dues à la suite de la catastrophe du golfe du Mexique. Rostneft rachète. L’état poutinien, qui n’est pas vraiment un état de droit, étend son emprise. Inquiétant.

 

23 octobre

Lance Amstrong, fin de partie ! L’UCI, acculée par la pression médiatique et par la précision du dossier réuni par l’USADA, l’agence antidopage américaine, a radié à vie le coureur américain et a annulé tout son palmarès à commencer par ses sept Tours de France. C’est toute une époque du cyclisme qui disparaît ainsi puisque pour trouver un vainqueur “propre” pour tous ces tours (c’est-à-dire quelqu’un qui n’a pas été contrôlé positif), il faut remonter jusqu’à la septième ou huitième place.

Mais l’acharnement sur Lance Amstrong tourne au bal des hypocrites : celui des dirigeants qui – tous – savaient et fermaient les yeux, celui des sponsors qui ne pouvaient pas ne pas se douter mais qui profitaient de l’aura médiatique du coureur, celui des spectateurs qui réclamaient toujours plus de performances, toujours plus de passions et de drames dans les grandes étapes de montagne, celui des coureurs qui avaient depuis longtemps oublié le goût de l’eau claire, celui des autres sports pour lesquels ce que l’on appelle pudiquement la “préparation physique” est tout aussi intense (il suffit de voir les joueurs de rugby).

Lance Amstrong est coupable et même le coupable idéal tant il avait organisé son système de dopage. Mais de près ou de loin, nous sommes tous coupables, moi le premier devant ma télévision.