AGENDA

CyclOpe 2017

 

LES MARCHES MONDIAUX

« Vent d'Est, Vent d'Ouest »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2017

15 mai 2017 - Paris

CyclOpe 2016

 

LES MARCHES MONDIAUX

« A la recherche des sommets perdus »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2016

24 mai 2016 - Paris

CyclOpe 2015

LES MARCHES MONDIAUX

Pour qui sonne le glas ?

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2015

20 mai 2015 - Paris

CyclOpe 2014

LES MARCHES MONDIAUX

Dans le rêve du Pavillon Rouge

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2014

14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

3 juin

Pour le jubilé de la Reine, les Britanniques viennent de s’offrir une parade navale sur la Tamise, « à la manière » de celle qui avait été organisée à la fin du XVIIe siècle pour le roi Charles II. Le Royaume-Uni a beau être en récession et les scandales – à l’image de celui du News of the World – égratigner les partis au pouvoir, rarement la monarchie britannique aura été aussi populaire après avoir triomphé de tous les soucis conjugaux qui ont émaillé ces dernières années. À quelques semaines des Jeux Olympiques de Londres, la famille royale est le meilleur vecteur de communication d’un pays qui depuis des siècles trace son chemin à l’écart du reste de l’Europe.

 Quel contraste quand même entre les jubilés de Victoria et d’Élisabeth II. Victoria régnait sur un Empire et Londres était au centre de « l’économie monde ». Il reste le Commonwealth, mais Londres, et notamment son « squaremile » de la City, est redevenu le centre des marchés financiers de la planète.

Mais aujourd’hui, la planète entière, et aussi la France républicaine, ont regardé et admiré ces fastes royaux, « So british »!

 

7 juin

La crise gronde en Europe. L’Espagne crie à l’aide et n’emprunte qu’à grand-peine. En France, de manière un peu autiste, on continue à parler de pacte de croissance, une coquille vide et quelques mots creux. Et voilà que celle qui a désespéré l’Europe depuis le début de la crise se réveille enfin !

Ce matin, la chancelière Merkel a franchi le Rubicon. D’une part, elle a proposé que l’on fasse plus d’Europe, que la notion de gouvernement y ait un sens avec un véritable ministre des Finances ayant droit de regard sur les budgets nationaux. Elle implique ainsi la poursuite de la construction européenne, un peu plus d’abandon de souveraineté, elle nous donne de nouveaux objectifs.

Mais consciente que cela n’est pas réalisable à 27, elle entérine l’idée d’une Europe « à deux voire plusieurs vitesses » : sans les Britanniques bien sûr, mais aussi probablement sans nombre de nouveaux membres aux convictions européennes bien faibles : c’est une sorte de recentrage sur un traité de Rome 1958 élargi à la péninsule ibérique.

 Enfin, de la crise naissent des projets permettant de faire sortir l’Europe par le haut. Sera-t-on capable de comprendre cela en France ? Espérons-le. En tous cas « Ich bin ein Berliner » 

 

9 juin

Le moins que l’on puisse dire est que les élections législatives ne passionnent pas les Français, tant en fait il leur paraît évident que la gauche obtiendra la majorité à l’Assemblée. Seules quelques circonscriptions avec des « people » de la politique comme Ségolène Royal, François Bayrou ou le duo Mélenchon/Le Pen surnagent dans les médias alors que Roland Garros et surtout le début de l’euro de football concentrent toute l’attention.

On touche là bien sûr toute l’ambiguïté du système politique français au gré des modifications qu’il a subi depuis 1958. À partir du moment où les mandats présidentiel et législatif ont la même durée, il serait logique de tenir toutes les élections le même jour. D’eux-mêmes les Français ont compris que nous étions dans un régime présidentiel et qu’au fond c’est là la seule élection qui compte. Dans la logique du quinquennat, le Parlement n’a plus qu’une fonction de chambre d’enregistrement. La France a - de facto - adopté un régime présidentiel, beaucoup plus marqué que celui des États-Unis où le Congrès ayant son propre calendrier électoral, la cohabitation peut-être une réalité, à voir d’ailleurs en novembre 2012.

Le seul résultat est qu’en pleine crise, la France vient de perdre plus d’un mois sans décision si ce n’est quelques symboles aux relents électoralistes. Dommage.

 

12 juin

Débat sur une chaîne de télévision avec Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires Etrangères qui fait maintenant figure de “sage” des relations internationales. Il a parrainé un long documentaire sur l’état du monde et de la mondialisation sans pour autant en contrôler la réalisation.

 Le résultat est un portrait à charge de la «mondialisation ultralibérale” assez représentatif de la pensée d’une grande partie des intellectuels français. Tout aurait commencé avec Milton Friedman et ses disciples de Reagan et Thatcher à Bush et Sarkozy, contre lesquels se battent de “bons” économistes comme Stiglitz ou Jorion. On dénonce l’hydre de l’économie libérale du marché en oubliant de dire que si celle-ci a pu se développer c’est parce que le modèle de l’économie mixte des Trente Glorieuses n’avait pu surmonter les affres de la crise des années soixante-dix. On oublie aussi de rappeler ce que furent les succès de la “nouvelle économie” au temps de Clinton et même de Beregovoy !

Hubert Védrine est le premier à convenir du caractère réducteur de cette vision manichéenne malheureusement fort partagée en France à gauche comme à droite.

 

13 juin

Du point de vue économique, la France est un bien curieux pays. Alors que la tempête fait rage à nos portes, de la Grèce à l’Espagne et maintenant à l’Italie, que la morosité règne un peu partout, la France a dégagé un solde net positif de créations d’emplois au premier trimestre : certes 18 300 postes ce n’est pas le Pérou et sur un an un niveau de création d’emplois dans le secteur marchand de 32000 à 38000 postes n’a rien d’extraordinaire surtout lorsque l’on sait que chaque année, il y a 200 000 nouveaux entrants sur le marché du travail et que les départs à la retraite sont loin de compenser le solde. Le chômage continue donc à augmenter.

 Mais quand on sait ce qu’est le coût du travail en France, quand on sait les multiples barrières qu’une réglementation tatillonne s’applique à mettre sur le chemin des créateurs d’emploi, on ne peut que s’étonner et même s’émerveiller.

 C’est dans l’adversité que l’on reconnaît le génie des nations. La France a un génie particulier pour passer relativement bien les zones de basse conjoncture (ce fut le cas en 2009). Par contre elle a plus de mal à prendre le vent de la croissance car le navire, surchargé de prélèvements publics, est bien lourd.

 

14 juin

La crise chez Nokia s’agrave. L’entreprise finlandaise, un papetier devenu le leader mondial de la deuxième génération de téléphones mobiles (nous avons tous eu au moins un Nokia au tournant du siècle) a totalement raté le passage à la troisième génération, celle des “smartphones”. Les “Iphones” d’Apple l’ont complètement laissé sur place. Et alors que l’autre grand de la téléphonie mobile, Samsung, s’est montré capable de concurrencer Apple sur son terrain, Nokia n’est pas parvenu à sortir un “smartphone” capable de rivaliser avec l’I-phone. Pire même, son alliance avec un autre “loser” des technologies de l’information, Microsoft, s’est révélée être un échec.

 Dans ce jeu impitoyable de destruction créatrice quasi-schumpeterienne, Nokia est donc dans le camp des perdants, quelques années seulement après avoir étonné le monde. Et Apple, au bord du désastre il y a une vingtaine d’années, est maintenant au zénith. Le temps des industries des technologies de l’information est un temps bien court qui rappelle la célèbre “Loi de Moore” avec une génération nouvelle de “chips” tous les dix-huit mois. Le rêve est-il fini en Finlande ?

 

15 juin

Le LME était à vendre. Le London Metal Exchange est la principale bourse au monde pour les métaux non ferreux. C’est là que chaque jour se fixent les prix du cuivre, de l’aluminium, du plomb, du zinc, du nickel et de l’étain. On y cote comme autrefois le “cash” et le “trois mois” car il fallait trois mois aux navires à la fin du XIXe siècle pour amener à Londres l’étain des détroits de Malaisie.

 C’est un marché encore indépendant que possèdent ses principaux opérateurs, de plus en plus financier plutôt que négociants ou industriels. Du fait du laxisme réglementaire britannique, il ne peut être considéré comme un modèle en matière d’éthique et il a souvent défrayé la chronique avec des manipulations de marché (Squeeze et Corners) qui seraient impossibles aux Etats-Unis.

Et voilà que le LME serait acheté par la bourse de Hong Kong ! Celle-ci n’a aucune expérience des matières premières mais on imagine bien la main de la Chine, qui est la première consommateur mondial de tous les métaux cotés au LME. Mais à l’heure où l’on parle du besoin de mieux réguler les marchés mondiaux, Hong Kong risque d’apporter un peu plus de soufre à la réputation du LME.

 

16 juin

Le principe de précaution vient de faire en France une victime supplémentaire : le pétrole de Guyane ! On se souvient de l’annonce, il y a quelques mois, de la découverte de pétrole au large de la Guyane, dans la continuité des gisements brésiliens au large de Rio et des gisements africains du golfe de Guinée. Il avait fallu à l’époque calmer l’enthousiasme local et rappeller à nos amis de Guyane que le pétrole était trop souvent une malédiction pour les pays producteurs surtout lorsque ceux-ci étaient déjà économiquement assistés comme c’est le cas de la Guyane. Mais voilà que le ministre de l’Ecologie vient de geler les recherches pétrolières alors même qu’un premier navire de forage arrivait sur les lieux : il faut revoir le droit minier et évaluer l’impact écologique de l’éventuelle exploitation de ce pétrole offshore.

C’est en quelque sorte le scénario des “shale gas” qui se reproduit : le parapluie écologique a bon dos.

Pendant ce temps, la production pétrolière américaine est au plus haut depuis quinze ans grâce aux “shale oil” et la production du Dakota du Nord à bondi de 60 %en dix ans. Mais le Dakota n’est ni la Guyane, ni la Seine et Marne de Madame Bricq.

 

18 juin

Adieu donc Ségolène, Jack, François, Michèle et puis aussi bien sûr Nicolas, (une deuxième fois par Guéant interposé). Les Français ont pour une fois été cohérents et, quitte à faire le ménage, ont renvoyé ceux qui avaient tenu le haut du pavé politique depuis près de deux décennies. Pour eux, le temps du “game over” a sonné et, au-delà des visions partisanes, c’est une bonne chose pour la démocratie française.

En France, en effet, nous avons la mauvaise habitude de conserver nos hommes et nos femmes politiques jusqu’à l’usure. Au Royaume-Uni, comme aux Etats-unis, un leader politique battu disparaît de la vie politique. Il rejoint l’université, le circuit des conférences ou se consacre à des activités caritatives. Il laisse en tous cas la place aux plus jeunes ce qui contribue à raffraîchir la vie politique. A voir tous les nouveaux visages qui arrivent ce matin au Palais Bourbon, c’est un peu ce qui vient de se passer en France. Néanmoins, les scores triomphaux de nombre d’éléphants, qu’ils soient de droite ou de gauche montrent bien un certain attachement légitimiste des Français qui ne se sont vraiment rebellés que lorsque les parachutages étaient excessifs… et encore !

 

19 juin

La Grèce a donc voté une nouvelle fois. Le résultat n’est pas bien déterminant (moins de 30 % des voix pour le parti arrivé en tête, Nouvelle Démocratie de M. Samaras) mais grâce au système électoral grec, un gouvernement de coalition devrait pouvoir être constitué et mettre en œuvre le Memorandum qui avait conditionné le plan d’aide européen à la Grèce.

Le soulagement est donc général en Europe avec un soupçon d’hypocrisie car c’est moins la Grèce que la crédibilité de l’Europe qui est en jeu. Aujourd’hui au Mexique, comme en novembre à Cannes, les dirigeants du G20 vont avoir encore les yeux tournés vers cette Europe qui ne parvient pas à s’organiser.

Mais si l’arbre de la Grèce cache la forêt des problèmes européens, il en est de même de l’Europe par rapport au reste de la planète. Au Mexique, Barrack Obama pourra ainsi éviter de parler de la situation de la dette américaine et repousser au lendemain des élections de novembre, des décisions qui risquent d’être douloureuses. Quant aux Chinois, ils restent de loin la principale incertitude d’une croissance mondiale en proie à quelques doutes. Alors ne nous acharnons pas sur la partie émergée – grecque – de l’iceberg des deséquilibres de la planète.

 

21 juin

Gaspard, mon quatrième petit-fils, le frère de Jules et Victor, est né ce matin, le premier jour de l’été. Il arrive sur une planète en proie aux doutes économiques, soumise aux faiblesses de la gouvernance internationale et plus instable que jamais. Quelques heures avant sa naissance, le sommet du G20 s’est achevé à Los Cabos au Mexique sur quelques bonnes paroles sans conséquences véritables. A Rio, le sommet Rio + 20 ne va donner que de bien maigres résultats mais au moins y aura-t-il probablement une déclaration finale. Enfin dans les jours à venir, à Rome puis à Bruxelles, les dirigeants européens vont essayer de sortir de la crise si possible par le haut c’est-à-dire avec plus d’Europe.

Gaspard naît aussi à un moment où les mauvais chiffres économiques s’accumulent que ce soit aux Etats-unis avec la crainte d’une crise budgétaire en fin d’année, en Chine et encore en Allemagne et en France. Résultat, les prix des matières premières baissent et Gaspard est né avec du pétrole Brent à moins de $ 90 le baril. Mais il arrive aussi dans un monde où la famine touche près de trente millions d’Africains du Sahel. Gaspard était un des “rois mages” que l’étoile guida vers Béthléhem. Un beau signe d’espérance !

 

22 juin

Le match de football de ce soir (les quart de finale de l’Euro) est tout un symbole : Allemagne-Grèce. Il va ouvrir en quelque sorte la réunion de Rome des dirigeants européens consacrée au sauvetage de la Grèce mais aussi de l’Espagne (qui elle va jouer contre la France) et en fait de toute la constitution européenne. Au football, les Allemands sont favoris mais les grecs sont désespérés. Sur le terrain économique il en est un peu de même : il y a longtemps maintenant qu’avec son “entraîneur” Gerhard Schröder, la “Mannschaft” a su se réformer, gagner en rapidité pour couvrir toute la pelouse mondiale. Avec beaucoup de retard Mario Monti est en train de réformer le “Calcio” italien. Par contre en France, il semble que François Hollande pense qu’il sera suffisant de construire de nouveaux stades pour que les “bleus” se remettent à marquer des buts. L’image est facile mais elle reflète bien les divergences profondes qui seront au cœur des débats romains. Il ne sert à rien de construire des stades si on n’est pas capable de jouer le même jeu avec les mêmes règles, fiscales et sociales notamment.

 

 

25 juin

Réunion à Saverne, en Alsace, de distributeurs de matériel agricole du monde entier invités par une entreprise locale, Kuhn, un leader mondial de son secteur et un trop rare exemple de « Mittelstand » à la française.

Deux entretiens et deux informations sur le monde : un américain d’abord, un beau « bébé » issu d’une famille de « farmers » de cette Amérique profonde que l’on imagine républicaine et assez proche des valeurs des « tea parties ». À la question peu originale sur l’issue des élections présidentielles il me répond : « Ne sous-estimez pas le facteur religieux ». En clair cela veut dire qu’il y a des limites et que la droite évangélique aura bien du mal à voter pour un mormon. Obama sera donc élu, mais il risque fort d’avoir en face de lui un Congrès républicain. Gare alors à ce qui pourrait être un véritable blocage institutionnel.

Et puis des Indiens, très heureux de voir Manmohan Singh reprendre le portefeuille de l’économie et des finances à un moment où l’économie indienne marque quelques signes de faiblesse. Mais surtout la semaine dernière, la mousson est arrivée et elle promet d’être abondante. Rien que cela peut représenter 1 à 2 % de croissance supplémentaire.

 

26 juin

 L’humeur est morose et l’effectif bien clairsemé à la dernière réunion du Conseil d’Analyse économique avant la trêve estivale. C’est que les derniers chiffres publiés sur l’économie française ne sont guère réjouissants : une hausse du chômage de 33 000 personnes et un niveau de 3 millions qui sera atteint sans nul doute avant la fin de l’été et surtout un niveau record de chômeurs de longue durée (plus d’un an) au plus haut depuis quinze ans à près de 1,7 million. Au même moment, l’INSEE sortait une prévision de croissance de l’économie française de 0,4 % en 2012 : consommation atone, investissement en berne et une contribution nette du commerce extérieur presque trop « belle » pour être plausible. La morosité règne d’ailleurs dans les dîners en ville et même le football, en pleine déconfiture, nous échappe!

 On se prend à douter de l’objectif du gouvernement en matière de déficit public : 4,5 % ce n’était pas bien ambitieux, mais avec pareille croissance cela devient une gageure. Et pour l’instant l’horizon européen demeurant bouché, on ne sent aucun frémissement en matière de réformes des « cent jours ». Le temps passe vite…

 

28 juin

Les États-Unis, la Chine et le Japon viennent de porter plainte contre la Chine. C’est à Genève, à l’OMC, devant l’Organe de Réglement des Différends (ORD). Les plaignants estiment que la Chine abuse de sa position dominante pour rationner ses exportations de terres rares, de tungstène et de molybdène. Sur le fond, ils ont raison et la Chine a savamment distillé ces derniers mois ses quotas d’exportation auprès de ses clients les mieux pensants. Pour ces métaux et quelques autres, la Chine contrevient aux règles du GATT et sera probablement condamnée.

Ceci étant, ce sont les plaignants eux-mêmes qui se sont mis dans pareille situation : il y a une trentaine d’années, l’Occident produisait des terres rares, des éponges de titane, des oxydes de tungstène, du molybdène… Mais la faiblesse des prix à la fin du XXe siècle et surtout la montée en puissance des contraintes environnementales ont eu raison des producteurs occidentaux. On ne voulait plus ainsi fabriquer et extraire des terres rares à La Rochelle (site historique de Rhodia) et ailleurs. On a laissé la Chine en détenir les monopoles. C’est un peu tard pour venir pleurer!

 

29 juin

 Enfin un petit matin ensoleillé à Bruxelles! L’Italie et l’Espagne (les finalistes de l’Euro de football) semblent avoir fait reculer l’Allemagne qui a accepté le principe d’un plan de relance immédiat à hauteur de 120 milliards d’euros. En échange, on parle maintenant d’union bancaire et surtout de convergences fiscales et politiques. L’homme clef de cette nuit a été Mario Monti, beaucoup plus qu’un François Hollande dont le rôle a été au mieux celui d’un amortisseur (on a du mal à prendre au sérieux la presse de gauche française qui en fait le héros de ce sommet).

Au-delà, comment ne pas se réjouir : de ce dix-neuvième sommet, il semble bien que l’on soit sorti avec du concret. Ce concret, c’est la poursuite de la construction européenne et cela malgré les incontestables réticences d’une partie de plus en plus importante des électorats nationaux. L’Europe avance – pour ne pas couler – mais jamais elle n’aura aussi peu séduit. Comment faire – à nouveau – rêver d’Europe alors que la crise entretient peurs et égoïsmes? Voilà ce qu’il faudra mettre au menu du prochain sommet.