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LES MARCHES MONDIAUX

« Vent d'Est, Vent d'Ouest »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2017

15 mai 2017 - Paris

CyclOpe 2016

 

LES MARCHES MONDIAUX

« A la recherche des sommets perdus »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2016

24 mai 2016 - Paris

CyclOpe 2015

LES MARCHES MONDIAUX

Pour qui sonne le glas ?

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2015

20 mai 2015 - Paris

CyclOpe 2014

LES MARCHES MONDIAUX

Dans le rêve du Pavillon Rouge

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2014

14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er Septembre 2014

Rentrée Scolaire

 

Rentrée scolaire! Dans aucun pays au monde le rituel n'est appliqué avec autant de discipline qu'en France par cette admirable administration soviétique qu'est l'Education Nationale. Tout est décidé en haut : les programmes, les carrières et les affectations des enseignants, les horaires et le rythme scolaire. C'est d'ailleurs la polémique de la rentrée. Une commission a délibérée -certainement avec intelligence- et le ministre (lequel, il y a tant qui passent sans laisser de traces...) a décidé que toute la France changerait d'horaires scolaires à charge pour les communes d'amuser les chers petits sur leur temps nouvellement libéré.

En ces temps de disette budgétaire, même pour les collectivités locales, cela représente des dépenses non négligeables qui ne manqueront pas de se traduire en termes fiscaux. Remarquons aussi qu'une fois de plus tout est confié à l'initiative publique: qu'il est loin le temps des patronages et des amicales laïques!

 Au même moment on s'inquiète de la difficulté à recruter des enseignants. Le métier est mal payé certes et peu considéré.  Mais là n'est pas le cœur du problème : c'est beaucoup plus dans la gestion sans âme de ce ''mammouth'' qui a détruit la notion même de communauté éducative. Les enseignants sont admirables qui continuent à exercer leur sacerdoce dans un milieu administratif et pédagogique aussi hostile.

La polémique de la rentrée 2014 va bientôt se calmer et l'école redeviendra la machine à fabriquer des inégalités qu'elle est devenue ces dernières décennies.

 

 

3 Septembre 2014

Minerai de fer

 

Le prix du minerai de fer continue à baisser et il affiche depuis le début de l’année une baisse de 35% à 87$ la tonne rendu port chinois. Ces dernières années, le minerai de fer était considéré comme un indicateur de la santé de l’économie chinoise. La Chine importe en effet plus de 60% du commerce maritime mondial du fer. La demande chinoise de fer était un baromètre de l’activité économique tant en termes d’infrastructures que de production industrielle.

Mais la chute actuelle des prix ne peut s’expliquer par le léger ralentissement de la croissance enregistré ces dernières semaines : la Chine « roule » toujours au tour de 7,5% de croissance de son PIB et la production industrielle entre 8% et 10%. Si les sidérurgistes chinois cherchent à réduire leurs stocks, c’est surtout parce qu’ils anticipent la poursuite de la baisse des prix grâce à l’augmentation de l’offre.

Les mineurs et notamment les deux grands australiens BHP et Rio Tinto, se sont engagés dans des programmes massifs d’investissement et poussent la production de leurs gisements géants dans l’Est australien, autour de Pilbara. Leur stratégie est de faire sortir du marché les producteurs les moins compétitifs et ils visent là les … chinois. Aux prix actuels il y aurait 150 millions de tonnes de production non rentable en Chine et les australiens espèrent que le gouvernement chinois en profitera pour pousser à la fermeture de mines qui sont bien souvent des catastrophes écologiques. A l’image de Rio Tinto qui affiche un prix de revient de l’ordre de 21$ la tonne (hors transport), ils jouent donc la baisse des prix et le minerai de fer n’est vraiment plus un baromètre chinois

 


6 Septembre 2014

Politique Française

 

Triste semaine pour la France ! Un secrétaire d’état « démissionné » faute d’avoir payé ses impôts, une ex-première compagne réglant ses comptes avec les intérêts que peut réclamer une femme humiliée, un président si bas dans les sondages que certains évoquent l’éventualité d’une démission, fermement démentie par l’intéressé … Rarement le pouvoir exécutif en France aura été aussi déconsidéré et malheureusement paralysé au moins sur le plan intérieur. La moindre remarque d’un ministre sur les 35 heures ou le contrôle du chômage suscite des réactions outrées de la gauche de la majorité qui sait pourtant qu’elle devra voter la confiance à ce gouvernement pour éviter une dissolution qui serait calamiteuse.

Non pas que l’opposition soit dans une meilleure forme. Les « affaires » y ont laissé quelques traces ; candidats et petits marquis affutent leurs armes dans la confusion la plus totale. Tout ceci profite au Front National, le seul parti dont les hiérarchies sont à peu près claires, mais dont l’irréalisme économique et les dérives idéologiques n’en apparaissent que plus inquiétantes.

Décidemment la démocratie française fait preuve de bien peu de maturité dans son incapacité à établir des règles claires pour le jeu politique. Nous sommes là bien loin de l’idéal gaullien de la Vème république, plus proches des calamiteuses années trente, prélude de la chute de la IIIème république. Jusqu’où faudra-t-il descendre pour qu’enfin les hommes politiques – de gauche comme de droite – réagissent ?

 

 

8 Septembre 2014

Chine

 

Jour férié à Pékin : c’est le festival de la Lune, la deuxième fête la plus importante pour les chinois après le Nouvel An. C’était encore il y a quelques années une occasion de « cadeaux » parfois somptuaires frisant avec la corruption. Cette année l’humeur est à la retenue et les chinois se contenteront des gâteaux traditionnels. C’est aussi une journée exceptionnelle car le vent a chassé la pollution si prégnante d’habitude dans la capitale chinoise. Pour la première fois depuis longtemps le soleil brille et on distingue les montagnes qui entourent la cuvette de Pékin. La pollution est devenue la principale préoccupation des habitants : les expatriés avec des enfants en bas âge cherchent à quitter la ville et les cadres chinois essaient de se faire affecter dans le Sud loin de cette atmosphère irrespirable et des interminables embouteillages qui bloquent les périphériques.

Mais sous ce soleil de vacances, Pékin devient une ville différente avec de plus en plus de quartiers « branchés » au hasard d’improbables friches industrielles où l’art contemporain joue avec la récupération du passé maoïste.

Ce qui frappe cependant le visiteur c’est l’absence d’enfants ce qui est le résultat de la stricte politique de l’enfant unique suivie depuis maintenant une quarantaine d’années. Le déséquilibre générationnel est de plus en plus évident et puis ces enfants uniques, gâtés voire pourris par leurs parents, sont de plus en plus difficiles à sociabiliser. La Chine se prépare de ce point de vue des lendemains difficiles.

 

9 Septembre 2014  - Pékin

Chine

 

Rencontres avec des économistes chinois et la même question sur la pérennité de la croissance de ce qui est la première économie de la planète. L’optimisme est général et ne semble pas de commande. La référence au président Xi Jin Ping et à l’ampleur des réformes engagées est permanente. Tous soulignent l’impact des mesures prises au printemps pour stimuler la croissance et maintenir le cap des 7.5 %

Pour l’avenir ils insistent sur les changements structurels à l’œuvre : la montée des services à l’origine de plus en plus de créations d’emplois ; la poursuite de l’exode rural (100 millions de citadins en plus d’ici 2020) ; les innovations technologiques et le développement de nouveaux secteurs industriels. Certes les défis sont immenses et ne sont pas ignorés : pic déjà atteint de la population active, pic aussi de la pollution, endettement des collectivités locales, risque d’ajustement brutal sur le marché du logement, nécessaire réforme des entreprises publiques (on ne va pas jusqu’à parler de privatisation), urgente réforme fiscale aussi.

En fait le cœur du problème chinois et de passer de l’épopée à la gestion (« from building to management ») dans un système subtil où les relations entre le local et le national sont souvent bien ambigües. L’heure en tout cas est aux réformes de fond. Xi Jin Ping n’a pas perdu de temps à la différence de nombre de ses collègues occidentaux.

Beau temps sur la Chine malgré la pollution revenue à Pékin.

 

 

10 Septembre 2014 – Pékin

Chine

 

Parmi les défis auxquels est confronté le président chinois Xi Jin Ping, l’un des plus complexes est sans conteste l’ouverture progressive de pans entiers de l’économie. Pour l’instant seuls les secteurs des nouvelles technologies et de l’immobilier ont vu se développer des groupes chinois privés. Pour le reste c’est un invraisemblable enchevêtrement de sociétés publiques dépendant de l’état central mais aussi – et de manière non négligeable – des provinces et des municipalités. Celles-ci se trouvent de facto en concurrence les unes avec les autres et on est bien en mal dans bien des cas à trouver des logiques communes. Le prochain Plan chinois devrait essayer d’y mettre un peu d’ordre en favorisant le développement d’une économie mixte avec l’ouverture du capital des sociétés publiques dans tous les secteurs jugés non stratégiques.

Les chinois en fait sont passés maîtres dans la gestion informelle de ce type de situation complexe. Il n’est pas sûr que les réformes en cours changent quelque chose si ce n’est quand même l’accélération des concentrations dans des secteurs industriels comme la sidérurgie.

La Chine est en tout cas en train de réaliser une transformation sans précédent dans l’histoire : passer d’une économie collectivisée et centralement planifiée à une économie ouverte donnant sa place au marché tout en laissant un rôle central aux impulsions publiques. Un vrai défi !

 

 

11 Septembre 2014 – Shanghai

Chine

 

Pékin-Shanghai ! Quel contraste entre les deux villes chinoises. Là où Pékin est pour l’essentiel une « ville nouvelle » dont les larges avenues sont tirées au cordeau et dont les derniers vieux quartiers (les hutongs) disparaissent les uns après les autres ne laissant que quelques monuments marquants, Shanghai est une « vrai ville », un peu comparable à Singapour dans certains aspects mais où le visiteur peut s’évader aussi dans le passé d’une cité marchande profondément marquée par sa rencontre avec l’Occident. Il y a le Bund bien sûr mais aussi au hasard des rues des anciennes « concessions » bien des témoignages du Shanghai décrit par Malraux dans la Condition Humaine.

Et puis de l’autre côté de la rivière, il y a Pudong, le  véritable cœur financier de Shanghai, Pudong qui, il y a trente ans encore, n’était qu’un terrain vague et dont les tours orgueilleuses toisent maintenant les vieilles banques post-victoriennes du Bund. Alors que Pékin, la capitale du Nord, celle des envahisseurs mongols, est tournée vers la steppe, protégée par la grande muraille, Shanghai est ouverte sur le monde et cultive son particularisme y compris sur le plan politique. C’est un peu du vrai cœur de la Chine qui y bat et il faut être un indéfectible nostalgique du temps des concessions et des compradors pour y croiser l’ombre de Malraux ou du Lotus Bleu.

Sur Nanjing Road, les magasins de luxe occidentaux sont les mêmes qu’à Singapour sur Orchard Road. Mais derrière les façades, la Chine éternelle continue de nous surprendre.

 

 

12 Septembre – Shanghai

Chine

 

« Une semaine en Chine, un article, trois mois, un livre, un an, le silence ». Cette leçon d’humilité demeure d’actualité même si le voyageur de passage en Chine ne peut s’empêcher, au moment du retour, de reprendre quelques-uns des thèmes qui ont marqué les discussions avec ses interlocuteurs.

« Le modèle de Xi Jin Ping est Singapour ». A la réflexion cette constatation sonne juste. Certes Singapour est officiellement une démocratie mais en réalité elle fonctionne de manière autocratique et nationaliste, avec même un côté dynastique qui pourrait rappeler la Chine impériale. On ne peut – pour l’instant – soupçonner Xi d’avoir de telles ambitions mais par contre l’économie mixte singapourienne est bel et bien un modèle. Les grands fonds souverains de Singapour, à l’image de Temasek, sont une référence pour la réforme en cours des entreprises publiques chinoises (les SOE). La lutte contre la corruption – une réalité depuis deux ans – est un peu identique au combat de Lee Kuan Yew contre les triades singapouriennes. Au fond l’un et l’autre partagent le même « politiquement correct ».

L’autre référence est paradoxalement celle du fils de Tchang Kai Cheek, celui qui à Taïwan amorça la démocratisation du régime. Ce sera peut-être le rôle de Xi vis-à-vis de ce qu’il reste de l’image maoïste.

Sur le Bund à Shanghai, il y a toujours une statue de Mao. Le parti communiste chinois fut créé à quelques mètres de là  dans la concession française ! 

 

 

15 Septembre 2014

Nouvelles technologies

 

Netflix, Ali Baba … Voilà le nom de deux entreprises qui vont faire l’actualité cette semaine. L’arrivée de Netflix en Europe va bouleverser un peu plus le paysage télévisuel en remettant en cause la logique des programmes rigides des chaînes de télévision gratuites ou payantes. Il y avait déjà les chaînes d’information en continu. Mais avec Netflix, la déstructuration des chaînes classiques va se trouver amplifiée. Au vu de l’insigne médiocrité de nombre de programmes des chaînes majeures, ne pleurons pas de larmes de crocodiles. Simplement notre rapport à (aux) écran(s) va changer un peu plus.

Ali Baba est une autre histoire : Amazon à la puissance chinoise ! La plus grosse introduction en bourse de l’histoire sur le NYSE, un modèle qui surfe sur les changements radicaux du modèle de consommation chinois. Au moment où le président Xi Jin Ping parle d’ouverture de l’économie chinoise, c’est tout un symbole. Mais là il y a des zones d’ombre : la bourse de Hong Kong n’a pas accepté de coter Ali Baba par manque de transparence. Et ce qui va être coté à New York est une coquille installée aux îles Cayman. Le patron d’Ali Baba sera demain l’homme le plus riche de Chine. Mais faut-il s’en réjouir ?

 

16 Septembre 2014

Principe de précaution

 

Débat à Toulouse sur le principe de précaution : « Stop ou Encore ? » Nous parlons d’OGM, de gaz de schiste, de nanotechnologies … Le parterre réuni par la Chambre de Commerce – des chefs d’entreprise et commerçants – était partagé et même plutôt en faveur de ce principe de précaution que Jacques Chirac avait tenu à inscrire dans la Constitution.

Certes le texte même de l’article qui y est consacré est mesuré et quelque peu contradictoire, mais en réalité le principe de précaution est devenu un objectif en tant que tel pour ses zélateurs. Faut-il alors l’équilibrer par un principe d’innovation ? La constitution est une affaire trop sérieuse pour la réduire à de tels enfantillages.

L’histoire de nos pays est faite d’inventions, d’innovations, de chocs technologiques qui ont – malgré toutes les précautions prises et parce que le risque zéro n’existe pas – parfois mal tournés. Faut-il pour autant revenir en arrière ? Le principe de précaution est un principe de peur et malheureusement il illustre bien tout un pan du « mal-être » français : la peur de l’avenir, la peur de l’autre, le repli sur son petit univers en rêvant d’un monde disparu et en demandant à l’état providence de garantir chaque instant. Au fond, un principe d’infantilité !

 

17 Septembre 2014

Impôt

 

C’est un gouvernement aux abois qui, en cherchant à utiliser des cartouches dont il ne dispose même plus, se propose de supprimer l’impôt sur les plus petits revenus (la première tranche). En temps de crise et de difficultés économiques, on peut comprendre le souci d’un gouvernement qui cherche à retrouver ses bases politiques. Mais, sans même souligner le caractère « bricolé » de cette mesure dont les contours demeurent d’ailleurs flous, le risque est grand que les résultats escomptés soient bien éloignés des objectifs affichés.

Il y a en effet en France – à tous les niveaux de la société – une phobie de l’impôt vécu comme un prélèvement injuste, comme une véritable extorsion. Que l’impôt progressif sur le revenu soit le plus juste de tous en donnant à chacun la possibilité de contribuer selon ses moyens aux charges communes, que payer l’impôt soit au fond l’acte fondamental de la citoyenneté, devient au fond secondaire. Les politiques préfèrent les impôts indirects comme la TVA, si indolore, ou les impôts locaux. Le message passé ainsi par le gouvernement, légitime au fond le rejet de l’impôt par les français. Il accentue même la fracture sociale entre ceux qui donnent et ceux qui croient recevoir. Décidément, il faudra à la France un « grand soir fiscal » !

 

19 Septembre 2014

Ecosse

 

Finalement les écossais ont choisi la voie de la raison et à 55 % ont préféré rester au « Royaume Uni ». Bien des français étaient proches d’une « Ecosse libre », moins en souvenir d’une histoire commune, que par antagonisme pour ces anglais avec lesquels la guerre de cent ans n’est jamais terminée, qui célèbrent Trafalgar et Waterloo et qui pour l’instant nous dament le pion sur le plan économique avec leurs 3 % de croissance. Au moins les écossais ont-ils réussi à faire peur à Londres et à obtenir plus de transferts de pouvoir.

Fallait-il aller plus loin ? Une Ecosse indépendante était-elle viable ? Rien n’est moins sûr et en tout cas cela aurait déclenché un séisme européen. David Cameron aurait probablement perdu le référendum sur l’Europe qu’il s’est engagé à tenir d’ici 2017 et l’Angleterre serait sortie de l’Union Européenne. Ce n’est pas là le sens de l’histoire même si nos amis britanniques sont souvent bien irritants.

La balle est maintenant dans le camp de la Catalogne : là le référendum est officiellement interdit. Mais la Catalogne est un des poumons économiques de l’Espagne. L’enjeu y est autrement important. Mais les écossais ont ouvert la voie tout en nous offrant un bel excercie de maturité démocratique.

 

20 Septembre 2014

Faim

 

805 millions de personnes dans le monde souffrent de sous-alimentation, soit 11.3 % de la population mondiale. Ce chiffre demeure insoutenable en ce début de XXIe siècle même s’il est en forte diminution : il y a vingt ans on dépassait le milliard de mal-nourris.

En réalité il faudrait parler de pauvreté alimentaire et au fond de pauvreté tout court. En Asie, au milieu des pays émergents, en Inde et même en Chine, on compte plus de 500 millions de mal-nourris. La question-là n’est plus agricole : les disponibilités sont là et l’Inde est même exportatrice de céréales. Le problème est celui du développement économique et de l’éradication de la pauvreté, plus peut-être que de subventionner les produits alimentaires de base comme le fait sans grande efficacité l’Inde.

Quant à la faim, le manque absolu de nourriture, c’est en général le résultat de la folie des hommes, de conflits de plus en plus barbares qui, de l’Irak à la Centrafrique, du Soudan à la Syrie, bouleversent des sociétés agricoles jusque-là autosuffisantes. Même les « émeutes de la faim », qui firent il y a quelques années la une de l’actualité, étaient en fait liées à la mal-gouvernance des politiques agricoles. Nourrir les hommes demeure le défi majeur de ce siècle. Mais c’est aussi un pari sur leur sagesse.

 

 

21 Septembre 2014

Ouvriers de la dernière heure

 

L’Evangile de ce jour est celui de la parabole des ouvriers de la dernière heure, l’un des textes les plus difficiles à comprendre et à accepter des Evangiles. Le Christ se situe en effet à l’encontre de toute logique économique, de toute rationalité et même de toute égalité arithmétique. Bien entendu la lecture doit en être spirituelle : il n’est jamais trop tard pour se convertir et c’est là un message d’espérance pour les pêcheurs.

Mais l’économiste ne peut s’empêcher une autre interprétation « bien française ». Le maître du domaine n’est-il pas l’état et la pièce qu’il donne à l’ouvrier de la dernière heure n’est-elle pas la garantie minimale (RMI, CMU …) qu’il doit à tout citoyen. Quant aux grognements des ouvriers de la première heure, nous les entendons au quotidien. Ceci étant, on doit quand même s’interroger sur l’équilibre économique d’un tel domaine : ses meilleurs ouvriers, découragés par pareil égalitarisme ne risquent-ils pas de « s’exiler »  et en ne travaillant qu’une heure par jour la production globale risque de s’effondrer. Ce sont bien là les limites que nous vivons au quotidien de l’état-providence, juste et nécessaire certes mais paralysant et même démotivant. A moins d’un souffle divin !

 

22 Septembre 2014

Internet

 

800 millions de mal nourris dans le monde mais en même temps 2.9 milliards d’êtres humains qui à la fin de cette année seront connectés à internet. En 2017, la moitié de la population mondiale aura une connection vers « la Toile ».

D’un côté le plus vieux défi de l’humanité – se nourrir -, de l’autre un rêve qui se réalise avant même qu’il ait été bien formulé, celui de la communication universelle et instantanée. Bien entendu ce chiffre cache lui aussi bien des inégalités : même si l’accès à internet s’est pour l’essentiel développé grâce au mobile, il reste exceptionnel dans de très nombreux pays en développement. Et puis il faut rappeler une autre limite, celle de l’alphabétisation si on ne veut pas limiter le net à un gigantesque jeu vidéo.

Le monde connait en tout cas une révolution comme il n’en a pas eu dans son histoire, si ce n’est peut-être à la fin du XIXe siècle avec la pose des câbles sous-marins qui fut la première incursion du « temps réel » dans les communications humaines. Plus que l’ordinateur ou le téléphone mobile, c’est l’invention du Smartphone qui a fait bouger les lignes et nous ne sommes probablement qu’au début de bouleversements majeurs dans nos modes de communication.

Reste à voir l’usage que les hommes sauront faire de ce fantastique outil qui peut aussi bien se retourner contre eux en favorisant la désocialisation des individus. Il suffit dans le métro de Paris ou de Pékin de regarder tous ceux qui n’ont d’yeux que pour l’écran de leur smartphone.

 

23 Septembre 2014

Barbarie

 

Retour vers la barbarie : l’exécution – l’assassinat en réalité – d’un guide de haute montagne français dans le massif de la Kabylie en Algérie ne peut qu’indigner et révolter. Comment peut-on oser parler au nom d’une religion et se livrer au jeu de la propagande sur les réseaux sociaux en instrumentalisant pareil meurtre. Oh certes, l’histoire n’est pas avare de telles dérives et qui ne se souvient de la phrase – probablement apocryphe – du légat du pape au moment du sac de Béziers durant la croisade contre les cathares : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».

Mais c’est bien contre cette vision de religions intolérantes des Lumières que s’est fondée en Occident la révolution, en dépouillant le religieux de ses tentations temporelles, en le ramenant à la seule dimension spirituelle, en le concentrant même sur le message éternel de l’amour du prochain. Ce cheminement a été plus difficile pour l’Islam qui vise explicitement à organiser la société et les tentations intégristes, liées à l’échec des régimes laïcs, n’en sont que plus dangereuses.

« Egorgez les tous … », qui peut se prétendre un homme de Dieu et proférer pareil commandement : ni musulman, ni chrétien, ni athée ne peut l’accepter. Dieu ne reconnaitra plus les siens.