AGENDA

CyclOpe 2017

 

LES MARCHES MONDIAUX

« Vent d'Est, Vent d'Ouest »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2017

15 mai 2017 - Paris

CyclOpe 2016

 

LES MARCHES MONDIAUX

« A la recherche des sommets perdus »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2016

24 mai 2016 - Paris

CyclOpe 2015

LES MARCHES MONDIAUX

Pour qui sonne le glas ?

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2015

20 mai 2015 - Paris

CyclOpe 2014

LES MARCHES MONDIAUX

Dans le rêve du Pavillon Rouge

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2014

14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er Juillet 2014

France

Un président de la République au plus bas de l’histoire dans les sondages et dont la moindre initiative suscite sarcasmes et ironie, un ancien président de la République placé en garde à vue, des « affaires qui éclaboussent les principaux partis de l’échiquier politique et en corollaire des extrêmes qui se renforcent notamment à droite, la France a bien grise mine en ce petit matin blême. Comment la patrie de Lois XIV, de Napoléon, de de Gaulle et de Mitterrand (liste subjective et non limitative) en est-elle réduite à ne voir son salut que dans les résultats improbables (et pour l’instant surprenants) d’une équipe de football ?

A force d’avoir attendu, d’avoir dilué les réformes nécessaires, d’avoir temporisé et géré notre pays à la fois comme une salle de classe et comme un conseil général, voilà la France au fond de l’impasse. Le « modèle français », longtemps le seul modèle « soviétique » qui ait réussi avec la concentration des pouvoirs autour de l’état et de l’exécutif, est aujourd’hui à bout de souffle tout comme d’ailleurs les hommes politiques qui l’ont incarné et qui devraient se retirer à droite comme à gauche. La France doit changer, de personnel politique certes mais surtout d’idées et de mentalités. Comme aurait pu le dire Mao « Le jour où la France s’éveillera … »

2 Juillet 2014

Allemagne

 

Admirable Allemagne ! Alors que la France s’enferre dans des promesses de déficits budgétaires impossibles à tenir, l’Allemagne vient d’adopter pour 2015 son premier budget à l’équilibre depuis 46 ans ! Rarement le contraste aura été aussi grand entre les deux côtés du Rhin et la comparaison en est presque devenue caricaturale : d’un côté la « vertu » du consensus avec une grande coalition capable de mettre en œuvre des mesures controversées comme l’adoption du SMIC (à €8.50 de l’heure mais avec de nombreuses exceptions fort pragmatiques), de l’autre une incapacité absolue à dépasser les contraintes économiques et sociales de court terme dans un climat politique particulièrement délétère. Jean Pisani, le commissaire à l’analyse stratégique (l’ancien Plan) vient de rendre un rapport fort intelligent sur la France en 2020. Les bons esprits ne manquent pas en France et les rapports s’entassent dans les armoires de l’Elysée et de Matignon. Mais pour quel résultat ?

Admirons donc le modèle allemand et sachons apprécier le fait qu’il y a quinze ans, c’était la France qui regardait de haut une Allemagne en pleine crise morale : on parlait alors de malaise, d’« ungemütlichkeit ». Aujourd’hui tout est à nouveau « gemütlich » dans cette Allemagne qui domine l’Europe. La confiance est de retour : justement ce qui manque en France !

 

 

3 Juillet 2014

Grains

 

Les grands marchés agricoles mondiaux de céréales et d’oléagineux, s’inscrivent en net repli. C’est que les perspectives de récoltes pour la campagne 2014/2015 sont excellentes : les stocks de clôture devraient être en Juin 2015 au plus haut depuis quinze ans pour les céréales à 412 millions de tonnes d’après le CIC. Finalement les conséquences du froid de l’hiver aux Etats-Unis ont été limitées alors que l’on s’achemine vers des niveaux record de production de maïs et de soja : en hausse de 11 %, les emblavements américains de soja n’ont jamais été aussi importants ce qui s’explique par un prix du soja – par rapport au maïs – particulièrement attractif.

Pour autant les cours mondiaux restent assez soutenus, autour de $ 250 la tonne pour le blé. C’est que la menace d’El Nino continue à jouer même si l’échéance en semble quelque peu retardée (l’automne) et l’intensité probablement moins forte. Et puis il y a la fermeté de la demande de l’Asie et du Moyen Orient : la Chine bien sûr pour le soja et dans une moindre mesure pour les céréales, des pays comme l’Egypte, l’Arabie Saoudite, le Golfe pour le blé : la facture égyptienne de blé s’élevait déjà à la fin Juin à $ 1.5 milliard pour 2014.

En toute logique, au fur et à mesure de la concrétisation des récoltes en cours, les prix des grains – et surtout du soja – devraient poursuivre leur déclin. Mais c’est le climat qui aura le dernier mot.

 

4 Juillet 2014

Chine

 

La Chine confirme le net rebond de sa croissance économique que laissait anticiper ses indicateurs avancés. Le niveau de 7.5 % (en rythme annuel) peut pour l’instant être considéré comme un plancher et ce d’autant plus que l’équipe au pouvoir (et surtout le président Xi Jin Ping) a besoin de cette dynamique pour consolider son emprise sur le pays et en particulier sur le parti et l’armée.

Xi Jin Ping s’est en effet attaqué à ce véritable « mal chinois » qu’est la corruption, déjà fustigée mais de manière assez molle par ses prédécesseurs, Hu Jin Tao et Wen Jia Bao. En quelques semaines, des têtes de plus en plus lourdes sont tombées : le frère du plus proche collaborateur de Hu Jin Tao dont le fils s’était tué en Ferrari il y a quelques années, un général proche de Jiang Ze Min, tout l’entourage de l’ancien patron de la sécurité issu des milieux pétroliers … jusqu’à des métallurgistes du port de Qingdao qui trafiquaient des stocks de cuivre et de minerai de fer … Il est probable cependant que Xi profite de l’occasion pour renforcer sa position face aux autres factions : en 2012, la transition politique n’avait pas été bien harmonieuse et la Chine en vit probablement les ultimes séquelles. Xi voit-il plus loin et songerait-il déjà à d’autres échéances (2022 ?) Rien n’est moins sûr mais pour le reste du monde, la reprise de la croissance chinoise est une bonne nouvelle tant ce moteur est devenu essentiel.

 

5 Juillet 2014

Bretton Woods

 

Encore un anniversaire oublié ! Il y a soixante-dix ans se tenait, dans une petite station de montagne entre New York et Boston, à Bretton Woods, la conférence qui devait définir les règles monétaires de l’après-guerre. Alors qu’après la première guerre mondiale, il avait fallu attendre 1923 et la conférence de Génes pour mettre en place – sans les Etats-Unis – un bien précaire « Gold Exchange Standard », c’est en Juin 1944, alors que les combats faisaient rage en Normandie, que se tint donc la conférence de Bretton Woods. Keynes en fut le grand homme mais il eut au fond bien peu d’influence tant les Etats-Unis dominaient la situation. Le négociateur américain, Harry White (qui fut par la suite victime des purges de l’époque Mac Carthy) parvint à imposer la vision américaine faisant du dollar la clef de voute du système monétaire international (le « Gold and Dollar Exchange Standard » !). Ce fut un des éléments majeurs de la Pax Americana que les Etats-Unis offrirent au monde occidental durant les Trente Glorieuses : une période exceptionnelle de stabilité monétaire qui se termina le 15 Août 1971, lorsque les Etats-Unis, épuisés par la guerre du Vietnam, durent mettre fin à la libre convertibilité du dollar en or à $ 35 l’once.

Depuis on a souvent rêvé de nouveaux Bretton Woods mais il est peu probable que les conditions y soient jamais favorables à moins que dans quelque retraite de montagne chinoise …

 

6 Juillet 2014

Tour de France

 

Vincenzo Nibali, champion d’Italie, a gagné légèrement détaché l’étape de Sheffield du … Tour de France et cela devant une foule de britanniques dont le cyclisme est devenu un nouveau sport national. Les quelques côtes du parcours qui sinuait dans le Yorkshire ont été avalées par le peloton dans une ambiance digne des grandes étapes alpines ou pyrénéennes lorsque les coureurs peinent à se frayer un chemin au milieu de la foule.

Le Tour de France au cœur de l’Angleterre profonde (avec bien des friches industrielles notamment à l’arrivée du côté de Sheffield, la vieille capitale de la coutellerie), voilà une belle image européenne, bien loin des derniers votes britanniques et des rumeurs de « Brexit ». C’est pourtant la même Angleterre populaire dont la « vieille » économie a été ravagée, celle que Ken Loach évoque à longueur de films, qui s’accroche au Sterling et vote pour l’UKIP, c’est cette Angleterre qui était massée au bord des routes pour acclamer certes ses champions (Chris Froome, le vainqueur de l’an dernier en tête) mais surtout le « Tour de France » avec des maillots jaunes allemand puis italien.

N’est-ce pas là au fond la preuve, au-delà des atermoiements et des lâchetés des politiques que l’Europe  existe, qu’elle est une réalité au gré de nos migrations estivales. Le spectacle était surprenant sur les bords des routes du Yorkshire où même les gendarmes étaient français. Surprenant et encourageant !

 

7 Juillet 2014

Conférence sociale

 

Il y avait force limousines noires autour du Conseil Economique et Social aujourd’hui pour la « Conférence Sociale » réunie par le gouvernement. En France les politiques, les cabinets ministériels, les syndicats qu’ils soient ouvriers ou patronaux ont en effet le même gout pour ces petits privilèges automobiles.

Pour le reste l’exercice de la conférence sociale est bien caractéristique de la place centrale occupée par l’état dans les relations entre les partenaires sociaux en France. Ceux-ci se trouvent totalement infantilisés ; leurs accords – quand ils parviennent quand même à en signer – sont trop souvent remis en cause, modifiés, voire invalidés par des arbitrages politiques. A vrai dire le paritarisme à la française a toujours entretenu  l’irresponsabilité des uns et des autres : certes les organismes sociaux étaient gérés par les partenaires sociaux mais les équilibres financiers en étaient assurés par les décisions publiques. L’actuel surréaliste conflit à propos des intermittents du spectacle en est la preuve : c’est bien dans les ministères que se prennent les décisions et le paritarisme affiché n’est qu’un cache misère. L’absence cette année de la CGT et de FO est au fond assez logique même si leurs motifs font reculer un peu plus l’illusion du caractère adulte du dialogue social en France.

 

8 Juillet 2014

Brésil

 

Ce devait être une fête, ce fut un désastre. Mes amis brésiliens parlent d’une humiliation devant la déroute de la Seleçao face à la Mannschaft allemande. La coupe du Monde s’est arrêtée pour le Brésil à 17 h 27, heure locale, après que l’équipe nationale ait encaissé cinq buts en quelques minutes.

Le Brésil était entré lentement dans cette coupe du Monde et on se souvient des mouvements de contestation qui avaient marqué les dernières semaines avant l’ouverture de la compétition. Confrontées à une économie stagnante (2% de croissance en 2014 au mieux), les autorités brésiliennes espéraient que le football leur procurerait un petit miracle et en tout cas fournirait à Dilma Roussef le coup de pouce dont elle a tant besoin pour les élections présidentielles de l’automne.

Dans les rues de Sao Paulo ce soir ce n’était que silence et larmes sur les maquillages jaune et vert. A ce niveau de désastre le football prend bien sûr une dimension politique et économique. Et demain le réveil sera bien douloureux avec en plus des prix mondiaux du soja, du sucre, du minerai de fer orientés à la baisse. Dans les stades vides, qu’il faudra bien payer, il n’y a plus de place pour le rêve. Pays éternellement émergent et en devenir, le Brésil va-t-il trouver dans cette véritable épreuve morale la force d’un rebond politique. Réponse dans les urnes à l’automne.

 

 

 

12 Juillet 2014

Baccalauréat

 

87,9 % de reçus au baccalauréat ! Record battu avec 91 % pour le baccalauréat général et 46 % de mentions. L’auteur de ces lignes, qui doit son bac à l’indulgence du jury en touchant à peine la barre des 10, ne peut qu’être admiratif mais aussi inquiet. Inquiet car de tels résultats ôtent toute signification à cet examen national dont la symbolique demeure pourtant si forte. Au point où  nous en sommes l’idée de la suppression pure et simple du baccalauréat est de plus en plus cohérente : il suffirait de le remplacer par un diplôme de fin d’études délivré par les lycées, avec en prime une belle cérémonie comme on sait le faire dans les écoles américaines. De toute manière, pour les meilleurs, les mentions ne servent à rien puisque la messe est dite depuis plusieurs semaines pour toutes les formations sélectives : classes préparatoires, IUT et BTS, Dauphine et quelques autres …

Inquiet aussi car le baccalauréat c’est le ticket d’entrée, le droit d’aller à l’université : et les 90 % de reçus en Juillet 2014 se transformeront en 15 à 20 % de reçus en première année en Juin 2015 : un véritable « massacre des innocents », cruel pour ceux qui en sont victimes, ingérable pour des universités transformées en parking avant l’abattoir faute de pouvoir faire un minimum de sélection et d’orientation.

Un bien beau chiffre mais faut-il en être fier ?

 

15 Juillet 2014

Impôt sur le Revenu

 

Il y a un siècle exactement, par la loi du 14 Juillet 1914, la France entrait enfin dans la modernité fiscale avec la création de l’impôt sur le revenu fonctionnant sur une base progressive. Très en retard à l’époque, la France s’est rattrapée en termes d’inventivité fiscale avec la TVA, la CSG sans oublier l’ISF.

L’IR a perdu de son importance et avec 68 milliards d’euros en 2013, il ne pèse plus que 7 % des prélèvements obligatoires. Il n’a jamais été populaire et hier encore le président de la République a parlé de le réduire un peu plus pour les classes moyennes. Quelle ineptie ! La TVA, portant sur la consommation n’est-elle pas infiniment plus injuste, un véritable impôt sur les pauvres contraints à consommer sans péréquation aucune. Il y a deux impôts justes et équitables : celui sur les successions (notre plus bel héritage n’est-il pas l’amour de nos parents et l’éducation reçue, ce qui n’est pas taxable) et l’IR progressif dont la base devrait être la plus large possible avec l’élimination de toutes les niches fiscales qui se sont accumulées. Payer l’IR c’est au fond faire acte de citoyenneté et parfois on peut penser que le vieux scrutin censitaire était moins  injuste qu’on ne le pensait.

Aujourd’hui nous payons tous des impôts sans le savoir et en un siècle l’IR a été vidé de presque toute sa logique d’égalité et de redistribution.

 

16 Juillet 2014

BRICS

 

Retour au Brésil, à Fortaleza cette fois pour un sommet bien improbable, celui des BRICS dont l’invité d’honneur aurait pu être l’économiste de Goldman Sachs qui forgea cet acronyme pour désigner les pays émergents d la première décennie du XXIe siècle, ceux qui – au moins dans un premiers temps – avaient pu narguer la crise de 2008. Au départ il y eut donc les BRIC, trois « vrais » pays émergents aux parcours bien différents toutefois et un émirat pétrolier qui n’avaient pas sa place dans le groupe, tout comme le S de l’Afrique du Sud puisqu’il fallait que l’Afrique soit représentée.

Curieusement l’expression a tellement marqué les esprits que les intéressés ont pris conscience de leur poids économique (20 % du PIB mondial) et ont décidé depuis quelques années de se réunir en un sommet destiné à faire contrepoids à celui du G20.

Cette année pourtant la situation n’est guère brillante : la Russie est en récession, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud font partie de ceux que l’on appelle désormais les « Fragile Five » et même la Chine fait quelque peu douter. C’est à Shanghai pourtant que devrait être installée une nouvelle Banque de Développement destinée à faire contrepoids à la Banque Mondiale : c’est là un vieux rêve qui rappelle celui des pays du Sud dans les années soixante-dix. Il n’est pas sûr qu’il aille tellement plus loin. En réalité, au-delà des BRICS, il y a tout simplement la Chine et les autres …

 

19 Juillet 2014

Gaza

 

Et dire que nous rêvions de « fin de l’histoire » ! L’actualité en ce jour est bien cruelle : un  avion de ligne abattu au-dessus de l’Ukraine probablement par les insurgés séparatistes soutenus par la Russie ; l’offensive terrestre des forces armées israéliennes sur Gaza et son cortège de victimes civiles.
En ce qui concerne l’Ukraine on peut parler « d’accident » même si celui-ci illustre le danger que représente le contrôle d’armes (des missiles sol-air quand même) par des organisations irresponsables et que Moscou a manifestement du mal à contrôler.

Mais que dire de Gaza et de l’escalade provoquée par l’assassinat de trois jeunes israéliens. On peut comprendre la réaction des autorités face à ce « nid de guêpes » qu’est devenu Gaza sous la coupe du Hamas. Mais l’histoire nous enseigne qu’une armée classique a peu de chances de victoire face à une guérilla urbaine déterminée et désespérée. Le gouvernement israélien – fragile et otage de ses propres extrémistes (qui ont aussi assassiné un jeune palestinien) – a probablement perdu une occasion de tendre la main à ses adversaires palestiniens les plus modérés qui n’aspirent qu’à la paix.

La paix ! Ce mot a-t-il encore quelque sens en une région déchirée par tous les antagonismes religieux. L’existence même de la bande de Gaza n’a aucun sens et le risque est grand d’en faire un autre Stalingrad où se perdront toutes nos espérances.

 

20 Juillet 2014

Antisémitisme

 

La France se réveille avec un goût amer qu’elle croyait avoir oublié depuis bien des décennies ou au moins circonscrit   à quelques franges attardées d’extrême droite à la Dieudonné : voilà à nouveau l’antisémitisme : des manifestations qui dérapent sous le couvert innocent du soutien à la Palestine.

L’antisémitisme a une vieille histoire en France et la violence des polémiques à l’époque de l’affaire Dreyfus surprit tous nos voisins à commencer même par l’Allemagne. Plus tard la législation juive de Vichy précéda les exigences de l’occupant allemand. Aujourd’hui l’antisionisme (en soi légitime) ne peut masquer la réalité d’un antisémitisme qui ne se limite pas aux seuls extrémistes de la communauté musulmane.

La fracture sociale est malheureusement une réalité de plus en plus prégnante en France. La rupture avec les « banlieues » est consommée en grande partie du fait de l’échec d’un système éducatif créateur d’inégalités. Il est logique que ceux qui s’estiment exclus et marginalisés cherchent des responsables à leur exclusion. Souvent musulmans, ils s’identifient aux palestiniens et voient dans le juif la raison de tous leurs maux.

Au-delà du constat et des paroles moralisatrices et lénifiantes, des sanctions surtout pour ceux qui manipulent l’opinion comme Dieudonné ou Alain Soral, il y a des communautés à reconstruire et à éduquer. Dur et long …

 

21 Juillet 2014

Gaz de schiste

 

EDF a signé son contrat d’achat de gaz naturel  liquéfié (GNL) avec l’américain Cheniere. L’électricien français rejoint ainsi nombre de ses confrères européens qui cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement en matière de gaz naturel et donc à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Russie et de Gazprom. Jusque-là rien que de bien normal si ce n’est qu’il s’agit de gaz de schiste (ou son équivalent) dont même l’exploration est interdite en France. Grâce au développement de la production de gaz de schiste les Etats-Unis sont désormais en situation d’excédent de gaz naturel (alors qu’il y a dix ans encore, on parlait de « peak gas » et que l’on construisait des terminaux de regazéification  du gaz naturel liquéfié qu’il faudrait importer). A partir de 2016, les Etats-Unis pourront exporter et il est important pour les européens de se placer alors que le marché asiatique est nettement plus rémunérateur pour l’instant.

En Europe le gaz naturel subit la concurrence du charbon (importé lui aussi) qui est deux fois moins cher pour la production d’électricité du moins tant que les prix du carbone restent aussi peu contraignants. Or le gaz naturel est l’énergie la mieux adaptée pour assurer la transition entre le charbon et les énergies renouvelables. Dans le cas français, il reste bien entendu à débattre sereinement tant du nucléaire que des gaz de schiste qui pourraient éventuellement être exploités. Mais sur ces que

 

23 Juillet 2014

Chine

 

La croissance chinoise s’est légèrement ressaisie à 7.5 % au deuxième trimestre. Les autorités ont manifestement fait le nécessaire pour assurer un chiffre qui correspond à l’objectif officiel annoncé en Mars 2014. En soi cette nouvelle devrait rassurer les « sinosceptiques ». Mais à y regarder de près la médaille a son revers : le ratio de dette sur le PIB de la Chine était ainsi à 251 % à la fin Juin contre 147 % en 2008. Et nombre de ces dettes se retrouvent dans le compte « créances douteuses »   d’un appareil bancaire de plus en plus fragilisé. Dans un autre domaine, le patron de Baosteel, le premier sidérurgiste chinois estime que la situation de surproduction d’acier est beaucoup plus grave que ce que laissent croire les chiffres officiels. Enfin, il n’y a pas de jours sans qu’éclate une nouvelle affaire de corruption tant au niveau local (dans le port de Quingdao par exemple autour de stocks de cuivre) qu’au niveau national avec la mise en examen de Zhou Yong Kang et de toute la galaxie entourant le géant du pétrole CNPC et sa filiale Pétro China.

Plus que jamais, il faut surveiller le « fine tuning » d’une gouvernance chinoise qui doit préserver un niveau minimal de croissance (7 %), maintenir les grands équilibres macro-économiques et faire un peu de ménage : danse sur un volcan !

 

 

26 Juillet 2014

Communes

 

En 2013, les collectivités locales françaises ont encore laissé filer leurs dépenses en hausse de 3.2 %. Tout ceci n’est bien sûr pas très raisonnable mais le pire vient de l’échelon communal : sur € 233 milliards de dépenses, les communes pèsent pour € 132 milliards, en hausse de 4.5 %. A la veille des élections municipales, les élus ont été généreux en termes d’emplois et d’investissements en tout genre. Curieusement les gouvernements qui se sont succédés ont toujours envisagé la réforme des collectivités locales au niveau des régions et départements et rarement au niveau de l’échelon le plus couteux, celui des communes : 36000 communes et donc 36000 centres de dépenses, est-ce là bien raisonnable ? La Fondation Concorde a fait récemment une proposition de bon sens : s’appuyer sur les 2500 (ou un peu plus) communautés de communes déjà existantes en les transformant en municipalités de plein droit quitte à conserver les anciens conseils municipaux comme conseils de quartier en charge du maintien du lien social, mais dénués de toute responsabilité financière. Les ressources humaines en particulier seraient gérées au niveau des nouvelles municipalités ce qui permettrait d’éviter les innombrables  doublons qui caractérisent la situation actuelle. Révolution à Clochemerle ?

 

 

28 Juillet 2014

Argentine

 

Faillite de l’Argentine ? Cela a tout d’un mauvais roman financier même si la belle héroïne est aussi une redoutable croqueuse de diamants et autres dettes souveraines.

Le verdict d’un obscur juge américain plonge l’Argentine dans les affres d’une crise dont les suites demeurent difficiles à anticiper mais qui révèlent d’ores et déjà les faiblesses de la gouvernance des Kirchner. La justice américaine dit le droit et elle a pour elle une certaine logique : tous les créanciers sont égaux et doivent être traités de manière comparable. Certes les « vautours » qui achètent de la dette à bas prix ne font pas un très joli métier (mais il a toujours existé et chez Balzac aussi on achetait du papier à disagio, relisez César Birotteau). Cependant ils jouent un rôle utile en représentant une sorte d’ultime garde-fou face à des états – ou au moins à des gouvernements – trop souvent « voyous » et malheureusement l’Argentine en a fait partie au long de l’histoire de ses nombreux défauts.

Vautours contre voyous tout ceci n’est pas bien joli d’autant plus qu’à la fin du jour les véritables perdants seront les petits épargnants argentins qui paieront les pots cassés par l’incurie de leurs dirigeants.