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LES MARCHES MONDIAUX

« Vent d'Est, Vent d'Ouest »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2017

15 mai 2017 - Paris

CyclOpe 2016

 

LES MARCHES MONDIAUX

« A la recherche des sommets perdus »

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2016

24 mai 2016 - Paris

CyclOpe 2015

LES MARCHES MONDIAUX

Pour qui sonne le glas ?

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2015

20 mai 2015 - Paris

CyclOpe 2014

LES MARCHES MONDIAUX

Dans le rêve du Pavillon Rouge

A l'occasion de la publication du Rapport Cyclope 2014

14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

1er Février 2014

XXe siècle

 

Madeleine sera centenaire en Mars prochain. Elle est née en Mars 2014, quelques mois donc avant que ne soit déclenchée la première guerre mondiale. Elle est née à la fin de la « Belle Epoque » alors que régnaient Nicolas II, Guillaume II et François Joseph. Les lumières brillaient sur l’Europe qui était alors le centre du monde et qui allait se précipiter dans un véritable suicide (on connait ce mot du ministre britannique des Affaires Etrangères, Lord Edward Grey en Août 1914 : « je vois partout les lumières s’éteindre en Europe »).

Alerte centenaire, Madeleine pense que le changement majeur intervenu au long de sa vie est celui des communications et des transports. Ayant vécu en Afrique elle a connu le temps long des navires sur la côte africaine, celui des premiers DC4, puis les Boeing. Paradoxalement elle est moins sensible à l’évolution des mœurs et à la place de la femme dans la société.

La vie de Madeleine est un pont entre trois siècles : elle est née à la toute fin du XIXe siècle qui se brise dans le fracas des canons, elle a traversé tout le XXe siècle, ses victoires et ses déboires et la voila avec son merveilleux optimisme à l’aube d’un XXIe siècle qui la passionne encore. Bel anniversaire Madeleine.

 

 

3 Février

Pays émergents

 

Crise des pays émergents … contagion … doutes. L’amalgame est facile entre l’instabilité politique turque, les problèmes de change argentins, les grèves en Afrique du Sud, les folies russes … On met tous ces pays dans la même catégorie des pays « émergents ». Quelle erreur !

A l’origine il y a cet affreux acronyme de BRIC, devenu même BRICS, dans lequel on met dans le même sac le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. Passe donc pour l’Inde et la Chine même en tenant compte de leurs vitesses de décollage bien différentes ; va pour le Brésil dont le taux de croissance depuis deux ans est portant insuffisant. Mais la Russie et l’Afrique du Sud sont des histoires bien différentes : la Russie est un émirat pétrolier et l’Afrique du Sud continue à dépendre des matières premières tout en souffrant de graves problèmes de gouvernance.

Au-delà, l’Argentine était un pays émergent à la fin du XIXe siècle et n’a jamais confirmé les espoirs portés par des milliers d’immigrants. La Turquie est par contre un véritable pays émergents tout comme de nombreux pays asiatiques, le Chili en Amérique du Sud et dans une moindre mesure le Maroc en Afrique. Chacun a son histoire, son rythme de croissance, ses problèmes. Alors parler de crise des pays émergents n’a guère de sens.

 

 

5 Février

Crise

 

Colloque à Casablanca sur le chaos et la crise. Le terme de chaos – particulièrement fort- a été choisi à dessein tant c’est l’impression du chaos qui prédomine dans un monde qui pourtant affiche des performances économiques relativement correctes. Vu du Maroc pourtant, aux portes d’une Europe qui est le maillon faible de l’économie mondiale, à l’extrême occident du monde arabe qui souffre et se déchire et d’une Méditerranée qui sépare plus qu’elle n’unit, l’impression de chaos est bien réelle et notamment dans le champ politique. Au fond ce qui frappe au long des interventions c’est l’incapacité des politiques à faire « rêver », que ce soit dans les régimes autoritaires ou dans les démocraties. Il n’y a plus de grandes idéologies utopiques : les foules se rassemblent sur des places – Tahrir au Caire, Taksim à Istambul, la Puerta del Sol à Madrid, Mainan à Kiev… - pour manifester et s’indigner dans des mouvements marqués par le relatif anonymat de leurs meneurs : « horizontaux et acephales » comme l’analyse le philosophe catalan Josep Ramonedo, et donc susceptible d’être manipulé par ceux qui tirent les fils d’un discours d’une sorte de « bien commun mondial ».

Qu’ils soient à la fin d’une histoire déjà ancienne ou au début d’une nouvelle histoire émergente, la carence des politiques est manifeste lorsqu’il s’agit de rêver du futur.

 

 

7 Février

Russie

 

Ouverture des Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi : pour quelques jours la Russie et Vladimir Poutine sont au centre du monde et cela valait bien un budget totalement explosé à 36 milliards d’euros (contre 2 à 3 pour les éditions précédentes de Turin ou de Vancouver). Deux remarques avant que ne s’ouvrent les premières épreuves dont au fond les athlètes seront les otages.

Il y a d’abord la parfaite hypocrisie du CIO et de ses membres qui ont fermé les yeux sur la dérive russe au nom des « valeurs » d’un sport bafouées au quotidien par l’argent et les compromissions politiques. Longtemps ambigu, le rêve de Coubertin est désormais bien dissipé.

Peut-on alors en vouloir à Vladimir Poutine d’instrumentaliser les Jeux à sa propre gloire et à celle de la Russie éternelle. Il nous administre simplement une nouvelle démonstration de la « malédiction des matières premières » : les Jeux sont payés par la rente du pétrole et des métaux et les oligarques qui y ont fait leur fortune ont été mis à contribution. Que la croissance du PIB russe ne soit guère supérieure à 2 % que le budget ne soit équilibré que bien au-delà de $ 100 le baril de pétrole est au fond secondaire. Il y a dans cette opération de Sotchi un lointain parallèle avec les façades de village que le prince Potemkine faisait construire le long de la Volga pour impressionner son impériale maîtresse, Catherine II. Mais quand l’illusion se dissipera … ?

 

 

10 février

Suisse

 

La Suisse a voté et l’Europe a la gueule de bois. Comment interpréter le résultat de la votation suisse revenant à restreindre l’accès au territoire helvète aux étrangers par un éventuel système de quotas ? Ce vote a été pour l’essentiel le fait des cantons alémaniques et ruraux, paradoxalement les moins concernés par les flux de travailleurs frontaliers.

Il y a là bien sûr le reflet d’un courant populiste déjà ancien en Suisse mais que l’on trouve dans la plupart des pays européens à l’image du FN en France. Quel serait d’ailleurs le résultat de pareille votation dans le secret des urnes françaises ?

Mais le cas suisse est différent. Ce modèle de démocratie directe s’est en quelque sorte isolé du reste du monde depuis au moins deux siècles : au cœur de nombre de circuits mondiaux – à commencer par la finance – la Suisse a traversé en spectateur les tourments du XXe siècle, une sorte de « fin de l’histoire » avant la lettre. La marche vers l’intégration européenne, ultime réponse aux guerres et aux idéologies, ne la concernait pas puisqu’elle avait depuis longtemps dépassé ce type de dérèglements. Mais, de fait, cela a accentué son isolement et son sentiment d’insularité. Face à Genève et même Zurich, cites internationales s’il en est, la tentation du repli sur soi n’en était que plus forte. Ne moquons pas les suisses : ils nous parlent aussi d’une fracture qui demain sera peut-être européenne.

 

 

11 Février

Farm Bill

 

Barack Obama a donc signé la nouvelle loi agricole américaine : le Farm Bill est devenu un « Act ». Comme d’habitude cela aura pris presque deux ans de plus que prévu et aura donné lieu à un véritable bras de fer entre républicains et démocrates, non pas sur les questions agricoles mais sur l’aide alimentaire aux plus pauvres (les « food stamps » qui remontent à 1933) qui représente en fait 80 % des dépenses : sur dix ans le budget du Farm Bill s’élève à $ 956 milliards, ce qui pour un texte de 966 pages fait presque $ 1 milliard par page !

La partie agricole – stricto sensu – change toutefois profondément la donne et marque un véritable retour en arrière par rapport aux textes précédents : les aides directes sont supprimées remplacées par des systèmes d’assurance et surtout par la création de prix garantis pour les principales cultures. C’est là un « recouplage » de la politique agricole américaine ! Les aides sont à nouveau liées à la production. Le lobby agricole américain, particulièrement puissant au Sénat l’a donc emporté.

Paradoxalement l’Europe est en train d’achever l’itinéraire inverse : la fin de la PAC noyée dans un salmigondis écolo – environnemental. Certes la nouvelle politique européenne est « OMC – compatible » ce qui ne sera pas le cas des nouvelles mesures américaines. Mais cela apparait bien secondaire à l’aune de la réalité des rapports de force politiques.

 

 

12 Février

OGM

 

L’Europe vient d’autoriser un OGM ! La nouvelle a de quoi surprendre tant on pouvait croire le sujet à peu près enterré dans la plupart des pays européens à l’exception notable de l’Espagne et du Royaume Uni. La plupart des semenciers, à l’image de Monsanto ou de BASF semblaient avoir jeté l’éponge.

Mais voila Pioneer avait présenté un nouvel OGM de maïs, le TC 1507, qui avait reçu l’aval de l’agence européenne de sécurité sanitaire, l’EFSSA. Pour le bloquer il aurait fallu réunir la majorité qualifiée parmi les pays membres : dix neuf (dont la France bien sûr) ont voté contre, cinq pour, mais quatre autres (dont l’Allemagne) se sont abstenus. En l’absence de majorité, la Commission a du se résoudre à autoriser le TC 1507. De là à le cultiver, c’est une autre affaire !

De manière préventive, la France a déjà mis sur la table du Parlement un projet de loi visant à interdire tous les OGM de maïs et même ordonnant « la destruction des cultures » en cause. Ce serait donc l’administration qui faucherait … La loi sera probablement votée, puis invalidée mais le message, reste clair. Les OGM ne passeront pas ! Qu’il y ait là un immense gâchis, un refus de tout débat scientifique, la négation et le mépris pour les travaux des chercheurs, est secondaire face à l’aveuglement des politiques en pleine campagne électorale.

Français, consommez tranquilles ! Votre santé ne sera pas troublée par les sombres manipulations des biotechnologies végétales qui pourtant – ailleurs dans le monde – sont des facteurs de développement agricole et même de meilleure gestion de l’environnement.

 

 

17 février

Doctrine sociale de l’Eglise

 

Commentaires sur une radio à propos de l’évolution de la pensée économique chrétienne (au au moins catholique) après la publication de l’exhortation apostolique du pape François. Après le texte majeur que fut « Caritas in Veritate » de Benoit XVI et qui avait fait admirablement la part entre les fonctions du marché et de l’état et le rôle central du don, de la gratuité et de l’amour du prochain, le texte du pape François est beaucoup plus « politique » au sens que peut apporter à ce terme un jésuite d’Amérique Latine qui a du côtoyer un temps la théologie de la libération.

« Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché » écrit le pape et ceci peut faire sursauter bien des économistes et même des historiens qui savent que c’est bien grâce à l’économie de marché que des peuples ont pu décoller sur le plan économique même si ces décollages ont été à l’origine d’une incontestable augmentation des inégalités. C’est là qu’il faut écouter la réflexion du pape destinée aux dirigeants capables de s’inscrire dans le temps long « plutôt que d’obtenir des résultats immédiats qui produisent une rente politique facile, rapide et éphémère mais qui ne construisent pas la plénitude humaine ».

Le pape fustige aussi la « mondialisation de l’indifférence » probablement la plus cruelle car elle nous amène à ignorer ceux qui, à nos côtés ou à l’autre bout du monde, en sont exclus devenant des « déchets » : le mot est fort, choisi probablement à dessein pour nous faire réagir. Il nous appelle à la mondialisation des différences avec une belle image, non pas celle de la sphère dont tous les points sont équivalents mais celle du polyèdre dont toutes les parties conservent leur originalité.

 

 

20 Février

Facebook

 

Facebook vient d’acheter Whatsapp, une société de messagerie électronique qui réalise un chiffre d’affaire de l’ordre de $ 50 millions avec une cinquantaine de salariés. Jusque là il n’y aurait rien à dire s’il n’y avait le prix : $ 19 milliards, certes payés pour l’essentiel en actions Facebook mais quand même ! En fait Facebook a surenchéri à une première offre de Google qui cherchait à assurer son emprise sur ce type de services.

Au-delà de l’égo des intéressés, le béotien a quelque mal à trouver de la rationalité économique à une opération qui valorise une entreprise, qui n’a jamais gagné un sou et qui prospère sur un créneau virtuel, à un niveau qui la met sur le même plan que quelques unes des plus importantes firmes industrielles de la planète. A titre d’exemple tiré de l’actualité la plus récente, l’entrée de l’état français et du chinois Dong feng chez PSA se fait sur la base d’une valorisation du constructeur automobile de moins de six milliards d’euros, soit à peu près la moitié de la valeur « donnée » à Whatsapp !

L’observateur ne peut s’empêcher de penser à une situation de bulle lorsque les esprits les plus avisés perdent tout sens commun et s’imaginent que la hausse des prix des tulipes en 1639, du sucre en 1974, de l’argent en 1980 … ne pourra s’arrêter. Il y a toujours quelqu’un pour faire la dernière opération avant la chute. C’est peut-être le cas aujourd’hui pour Mark Zuckerberg.

 

 

21 Février

Nigéria

 

Voila un bel exemple de la malédiction du pétrole. Cette fois il vient du Nigéria. Dans ce pays à Lagos, la Banque Centrale siège sur Tinubu Sqare. Depuis quelques années elle était dirigée par Lamida Sanussi, un banquier central d’une rare indépendance qui était parvenu à restaurer la crédibilité de la place financière nigériane au lendemain de la crise de 2009. Grâce à son action le Nigéria commençait à être considéré autrement que comme un simple producteur de pétrole voué au piratage et à la guerre civile. Mieux même il était parvenu à stabiliser la naira – la devise locale – depuis 2011.

Mais voila Lamida Sanussi s’est attaqué à la forteresse pétrolière. Ses services ont calculé qu’entre la production de pétrole et les recettes d’exportation il y avait un trou – estimé à un milliard de dollars par mois – que rien ne pouvait expliquer sinon la prévarication au sein de la compagnie nationale pétrolière, la Nigérian National Petroleum Corp, NNPC. Son rapport publié la semaine dernière a fait la une de la presse internationale. C’est que Lamida Sanussi s’attaquait là au cœur du pouvoir nigérian ce que le président du pays, Goodluck Jonathan, n’a pas supporté. Il a donc « viré » le gouverneur provoquant une chute de 4 % de la naira.

Le Nigéria a beau afficher une croissance de l’ordre de 6.5 % et être le pays le plus peuplé d’Afrique il n’en reste pas moins gangrené par ce pétrole, pillé, piraté, confisqué par quelques membres de l’oligarchie locale. Le côté positif de cette triste affaire est qu’elle est désormais publique et que nul ne peut l’ignorer.

 

 

23 Février

Ukraine

 

La « révolution » a donc triomphé à Kiev. Le président Victor Yanoukovitch est en fuite et l’égérie de la Révolution Orange, Ioula Timoshenko a été libérée. Place Maidan à Kiev on doit avoir un peu la gueule de bois avec un pouvoir tout neuf sans véritable mandat et un risque réel de partition du pays entre une partie occidentale qui a appartenu autrefois aux franges de l’empire austro-hongrois et une partie orientale et au Sud jusqu’à la Crimée qui n’a jamais vraiment été que russe. Comme la Pologne qui a vécu pendant des siècles au rythme de ses « partages », l’Ukraine souffre d’être une région tampon aux confins de deux empires et même de deux cultures. Elle souffre aussi de trois décennies de mal gouvernance et de corruption y compris d’ailleurs de la part de ceux – et de celle – qui sont acclamés aujourd’hui par les manifestants de Kiev. De ce point de vue l’Ukraine n’aura pas connu une évolution bien différente des ex-républiques soviétiques à commencer par le voisin belarus. Même à l’intérieur de l’Europe, tout n’a pas été harmonieux dans des pays comme la Roumanie ou même la Hongrie. Le problème est que l’Ukraine n’est pas en Europe et que l’UE ne peut lui offrir guère plus que des paroles de réconfort.

Que faire alors ? Probablement jouer la carte d’un Poutine dont l’Ukraine a gâché l’apothéose de Sotchi. Son poulain s’est enfui et il n’est pas certain qu’il veuille jouer la carte de la partition. Il y a un subtil équilibre à trouver qui passera quand même par la remise en cause de l’oligarchie prédatrice qui jusque là a contrôlé le jeu politique. Pas évident !

 

 

25 Février

Venezuela

 

C’est maintenant le Venezuela qui gronde, un an à peine après la mort d’Hugo Chavez. Le truculent caudillo avait pu masquer par son seul charisme l’échec économique du chavisme malgré la détention des plus importantes réserves de pétrole au monde. Malgré ou a cause ?

Le pétrole représente 94 % des exportations du Venezuela, la moitié de ses rentrées fiscales, le tiers de son PIB. Chavez avait cru que le pétrole pourrait tout permettre : sortir de la pauvreté (et les résultats en matière d’alphabétisation et de santé sont au moins à mettre à son crédit), socialiser l’économie, se faire le héraut de la révolution bolivarienne dans le monde entier avec de bien mauvaises fréquentations, de l’Iran à Cuba en passant par un « Monde diplomatique » bien aveugle.

Chavez disparu et remplacé par le bien terne Maduro, le temps au rêve et de l’illusion est terminé : corruption, insécurité (l’un des taux de criminalité les plus élevés au monde), manipulations cubaines, pénuries de toutes sortes (et même de papier toilette) baisse de la production pétrolière, sous investissement … Avec l’Algérie, le Venezuela est à l’heure actuelle le plus bel exemple de la malédiction du pétrole et on a bien du mal à imaginer une porte de sortie honorable à l’oligarchie « militaro – bolivaro – castriste » qui détient le pouvoir et la richesse avec cette particularité latino-américaine du culte du « caudillo », vivant comme mort. Comme le disait Mario Vargas Llosa en parlant des caudillos, « ces clowns horripilants aux mains tachées de sang, gonflés de vanité par la servilité et l’adulation qui les entourent, ne sont-ils pas la cause des pires désastres de l’Amérique latine et du monde » Eux et le pétrole !

 

 

27 Février

Agriculture

 

Le Salon de l’Agriculture bat son plein : la France rurale est « montée » à Paris et les parisiens – pendant leurs vacances – viennent découvrir une agriculture qui leur est de plus en plus étrangère. Au fil des allées, on s’émerveille sur les animaux – les grandes vedettes du salon – on déguste des spécialités du terroir, on part à la recherche de ses racines au fil des « provinces de France ».

Rarement pourtant le divorce aura été aussi grand entre la réalité agricole et la manière – négative – dont elle est comprise, aux antipodes d’un rêve « rousseauiste » de retour à la nature véhiculé de façon paradoxalement convergente par l’industrie agro-alimentaire et par les ONG vertes.

D’un côté il y a une agriculture de précision (qui commence à utiliser des drones, en démonstration au Salon pour optimiser l’épandage d’engrais) plus respectueuse que jamais des équilibres environnementaux, de l’autre il y a une sorte d’intégrisme qui multiplie les interdits en n’hésitant pas à flirter avec l’obscurantisme le plus total en prenant à témoin un consommateur miné par les peurs alimentaires. Le discours « agro-écologique » ambiant n’arrange rien, qui donne l’impression de découvrir une nouvelle dimension de l’agriculture. En réalité la démarche agricole est par essence écologique. Elle peut s’exprimer de plusieurs manières mais célébrer les unes (le bio par exemple) au dépens des autres comme on le fait de plus en plus à Paris et Bruxelles est un véritable contre sens … écologique !