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Dans le rêve du Pavillon Rouge

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14 mai 2014 - Paris

Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

Le pétrole est stable

Le prix du pétrole est stable ! Voilà au fond la plus grande surprise de cet automne 2010 sur les marchés mondiaux. Et en fait depuis la mi-2009 le prix du baril respecte une fourchette de 75 à 85 dollars (un dollar lui-même instable mais ceci est une autre histoire…). Au quotidien la volatilité des marchés est grande pour quelques dollars de plus ou de moins mais la stabilité autour des 80 dollars est bien une réalité. Comment expliquer ce petit miracle d’équilibre ? On peut bien sûr penser à l’action de l’OPEP et en fait surtout de l’Arabie Saoudite qui est le véritable gardien du temple pétrolier et qui a fait du niveau de 80 dollars son objectif optimal. A 80 dollars en effet tout le monde est content, les pays producteurs qui équilibrent leur budget, les compagnies qui couvrent les cours de production de l’offshore profond sans pour autant rentabiliser les énergies renouvelables, les pays consommateurs dont les économies ont montré leur capacité à supporter un tel niveau de prix. L’Arabie Saoudite qui dispose du gros des capacités de production disponibles joue donc bien son rôle de producteur de dernier recours. Mais en fait elle se trouve aussi au carrefour de forces opposées qui s’annulent implicitement.

A la hausse il y a la demande des pays émergents et au premier chef de la Chine, le deuxième importateur mondial dont l’écart avec les Etats-Unis ne cesse de diminuer. Chaque mois les statistiques chinoises d’importation de pétrole brut et de produits pétroliers (+ 24 % sur les sept premiers mois de l’année) ainsi que de raffinage augmentent tout comme d’ailleurs la consommation globale d’énergie. En Asie on retrouve cet appétit chinois dans la hausse des prix du charbon – vapeur (+ 40% depuis le début de 2010), l’importance de la demande chinoise ayant même provoqué des embouteillages dans les ports australiens. Tout ceci devrait donc avoir des conséquences sur le marché pétrolier.

Mais à la baisse il y a le gaz naturel qui, malgré les premiers frimas de l’hiver, vaut sur le marché américain à peu près le tiers du prix du pétrole (alors qu’en 2006 le gaz avait – avant le pétrole – touché la barre des 100 dollars). C’est là bien sûr le résultat de la découverte des « shale gas » qui a totalement modifié la scène gazière américaine en redonnant aux Etats-Unis plusieurs décennies de réserve.

 

Mais les conséquences de la « découverte » des shales gas ne se limitent pas aux Etats-Unis. A la mi-novembre, pour la première fois un navire méthanier a quitté les Etats-Unis pour réexporter du GNL (gaz naturel liquéfié) vers le Royaume Uni : un gaz dont les Etats-Unis n’ont plus besoin et dont bientôt ils seront exportateurs nets. L’Europe importe à peu près la moitié de sa consommation de gaz naturel pour l’essentiel par « tuyau » (gazoduc) en provenance de l’Est et du Sud. Elle paie son gaz à peu près deux fois plus cher qu’aux Etats-Unis sur la base de formules de prix indexées au pétrole. Même en tenant compte des coûts de transport et de gestion de la chaine logistique (et de la nécessaire mise en place de terminaux méthaniers comme celui qui est en projet à Dunkerque), le marché du gaz naturel est en train de gagner son indépendance vis-à-vis du grand frère pétrolier et la situation surcapacitaire sur la scène mondiale du GNL pèse à la baisse sur les prix de l’énergie.

Charbon à la hausse, gaz à la baisse, pétrole presque stable, heureusement que le dollar est là pour nous distraire.