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Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

La Mondialisation des déchets

Il y a quelques jours se tenait a Munich la réunion d’automne du BIR, le Bureau International de la Récupération. Ce n’est pas là un congrès ordinaire mais une véritable foire, un marché où se sont retrouvés plus d’un millier de commerçants et d’industriels spécialisés dans la valorisation des déchets, dans leur transformation en matières « secondaires ». Dans les couloirs et les halls de l’hôtel on croisait toutes les nationalités, du Proche Orient à l’Asie et bien entendu à la Chine. C’est que désormais la plupart des marchés dépendent - là aussi - du débouché chinois. Ainsi le prix mondial des « vieux papiers » est-il la cotation « coût et fret ports chinois ». Il en est de même pour les ferrailles  de métaux non ferreux (cuivre, aluminium, acier inoxydable et si le prix des ferrailles fait plutôt référence au « cf Turquie » (le premier importateur mondial) il dépend de plus en plus en réalité de la cotation du minerai de fer qui, elle, est chinoise !

C’est que les matières premières secondaires ne le sont plus ! Peu à peu de produits marginaux dont le souci principal était de se débarrasser, elles  sont devenues  des éléments indispensables au rééquilibrage de marchés de matières premières dont la disponibilité souffre de la faiblesse des investissements consentis ces dernières années ainsi que de la diminution des réserves mondiales disponibles. Les matières secondaires pèsent déjà pour la moitié de l’offre mondiale pour des produits comme les fibres de papier ou le plomb, entre le quart et le tiers pour l’acier et les autres métaux non ferreux. Pour nombre de petits métaux stratégiques, les perspectives de récupération notamment à partir des produits de l’électronique sont particulièrement intéressantes. Enfin, de manière un peu plus anecdotique, comment ne pas rappeler que la valeur de l’or récupéré chaque année est évaluée aux cours actuels à plus de soixante milliards de dollars.

C’est là bien sûr une bonne nouvelle pour tous les pays « avancés » dans la mesure où ils sont les plus importants producteurs de déchets : plus on est riche, plus on produit de déchets et surtout ces déchets « de riches » ont une valeur plus grande en termes de recyclage. Ceci étant le développement de la collecte et du recyclage dans les pays avancés a provoqué un déséquilibre entre l’offre et les capacités d’absorption d’une industrie locale souvent en perte de vitesse. La seule solution a été de trouver de nouveaux débouchés à l’exportation, ce qui correspondait d’ailleurs à la demande des pays émergents en pleine industrialisation et ne disposant souvent pas de ressources primaires ni de gisements de déchets à exploiter. C’est ce qui explique le développement des échanges internationaux de matières secondaires dans le sens Nord-Sud ou plutôt Atlantique-Pacifique et le fait que ce soit en Chine que se forme aujourd’hui par exemple le prix mondial des « vieux papiers ».

Ceci introduit cependant une nouvelle dépendance pour l’économie de la collecte et du recyclage. Le prix marginal à l’exportation devient en quelque sorte le prix directeur du marché.

En 2008, la diminution de la demande chinoise de vieux papiers provoqua un effondrement des prix européens et américains au point dans certains cas de les rendre « négatifs ». En 2011 au contraire les prix ont atteint des niveaux records et ce sont les papetiers européens qui se sont plaints de la concurrence « déloyale » des acheteurs chinois.

C’est ainsi que dans les couloirs d’un hôtel à Munich se jouait entre marchands et négociants la partition d’une mondialisation quotidienne et méconnue : celle de nos poubelles !