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Vient de sortir en librairie

Philippe Chalmin

"Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances"
2013

François Bourin éditeur

Monsieur, Madame le premier Ministre

Le président vient donc de vous nommer  et vous redécouvrez le charme des jardins de Matignon où, comme un vulgaire sous préfet aux champs, vous préparez votre discours d’investiture. Permettez-moi quelques remarques de forme et de font.

Sur la forme, vous avez « cent jours » et pas plus. Ne commettez pas l’erreur de vos prédécesseurs, Raffarin puis Fillon qui ont cru qu’ils pouvaient avoir le temps de la réflexion et dont les tentatives de réforme sont arrivées trop tard. Ne convoquez pas de ces commissions de bilan et de propositions dont la France à la spécialité et qui remettent quelques mois plus tard des conclusions d’une affligeante banalité mais que l’on s’empresse d’oublier aussi vite. Entre Juin et Septembre, l’opposition va se trouver dans le désordre le plus total et même vos « alliés » (syndicats, écologistes de tout poil) ne vous gêneront alors guère. Ce sera le temps des vacances, mais pas pour vous ni vos collaborateurs. En Septembre 2012 vous aurez déjà joué l’essentiel du quinquennat. Sur la forme encore tenez au moins quelques unes de vos promesses : ce fut la force de Lionel Jospin avec la mise en œuvre des deux idées phare de son quinquennat (35 heures et emplois jeunes). Faites un peu de ce que vous avez promis.

Sur le fond vos marges de manœuvre économiques sont limitées : 2 % de croissance au mieux, un chômage qui ne baisse pas, un déficit public supérieur à 5 %, une dette qui gonfle. Votre première réforme doit être fiscale. Mais votre réforme fiscale pour être efficace doit être d’une radicalité absolue : réhabilitation de l’impôt sur le revenu progressif en élargissant la base imposable à tous les revenus, en supprimant toutes les niches fiscales (je dis bien toutes même si je sais que devant chacune d’elles il y a des élus – de gauche aussi – qui aboient) et à ce prix là offrez-vous le luxe de supprimer l’ISF. Profitez en aussi pour remonter un peu la TVA que vous baptiserez sociale et supprimez bien-sûr les taux  dérogatoires comme ceux de la restauration.

 

 

Votre autre grand axe doit être l’éducation. A terme il vous faudrait éclater cet immense ministère que nul ne sait plus gouverner. Donnez à chaque établissement une totale autonomie de gestion et de recrutement et autorisez-les à faire payer des droits d’inscription tout en maintenant la gratuité pour les  boursiers. Vous seul –homme de gauche – pouvez casser le conservatisme  social de cette forteresse qui a résisté à tous les assauts.

Enfin supprimez toutes les aides à l’emploi existant aujourd’hui et qui forment un maquis impénétrable et inefficace : vous allégerez d’autant le cout du travail et pourrez, comme seul un homme de gauche pourra le faire, supprimer officiellement les 35 heures de notre vocabulaire. Vous seul pourrez rappeler que le travail  ne se partage pas et que seul le travail crée le travail.

Vous le voyez, je suggère à l’homme de gauche que vous êtes de remiser au magasin des accessoires deux symboles majeurs (ISF et 35 heures) du discours incantatoire de la gauche française, ceux là même auxquels Nicolas Sarkozy n’a pas osé toucher durant son quinquennat. N’y voyez pas de la provocation mais le constat qu’ils ont été tant détournés et mal compris qu’ils sont devenus un facteur de blocage plus que de progrès social. En les supprimant vous gagnerez les marges de manœuvre nécessaires qui font tant défaut au gouvernement actuel.

Une fois ces grandes réformes faites, il vous faudra reprendre quelques chantiers de fond le plus important étant celui de la cassure sociale, celui des banlieues, celui de l’échec scolaire mais surtout humain de tout une jeunesse qui ne vous a pas élu mais dont vous êtes responsable.

Voici quelques idées d’un libéral plutôt de droite qui sait que dans une France rétive à toute idée de réforme, la « fenêtre de tir » d’un nouveau gouvernement est étroite à la fois dans le temps et dans le champ du possible. Comme sur un circuit de Formule 1, la course se joue au premier virage. Vous y êtes. Bon courage.